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On a tué Wild Bill

Titre : On a tué Wild Bill
Auteur : Hermann
Année : 1999
Éditeur : Dupuis

Tout commence par le meurtre d’un héros, Wild Bill Hickok. Mais ce n’est pas l’histoire de Wild Bill. Tout commence par des coups de feu et un corps criblé. Mais ce n’est pas l’histoire d’un assassin. Tout commence par des yeux fermés et le souffle coupé d’un enfant apeuré. Mais ça n’est pas l’histoire d’un témoin.
Happé par le récit, c’est à la mort de l’époque légendaire de l’Ouest sauvage qu’on assiste, dans les bottes de Melvin Hubard, adolescent qui vit la disparition de ces temps, en même temps qu’il se construit, tant bien que mal, entre deux siècles, sur un sol bancal.




  
Hermann est de ces sages tranquilles de la bande dessinée, qui transmettent tout l’être humain du bout de leur crayon. C’est par le souci du détail, l’anatomie exaltée, les ombres crispées et toute la gravité des visages dont il n’a pas peur de montrer les défauts et les imperfections, qu’il se prive bien de lisser ; qu’il parvient à user de toute la supériorité de l’image sur les mots.  De son pinceau aiguisé, aux couleurs rares mais ô combien précieuses de par cette parcimonie, il sait représenter  tout le réalisme de l’Homme en ne dédaignant aucun aspect, du plus noble au plus animal. Hermann sait ainsi nous alerter sur tous les détails qu’il prend soin de semer et ne s’encombre jamais d’un classicisme liberticide dans son travail, comme si l’Ouest dormait en lui… C’est alors un récit rythmé par les colts et les sabots, par les regards et les coups qu’il nous offre, usant de toute sa générosité d’artiste troglodyte qui sait juste partager les sentiments les plus déroutants. Nichés au creux d’un cœur d’adolescent, c’est ébranlés que nous finirons ce voyage dans le temps, on ne reste jamais indifférent quant on assiste à la mort d’une civilisation.

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