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mardi 30 mai 2017

Des Espaces Vides de Miguel Francisco, la chronique pleine !

couverture de "DES ESPACES VIDES" de Miguel Francisco chez Delcourt
Titre : Des Espaces Vides
Auteur : Miguel Francisco (scénario et dessin)
Editeur : Delcourt
Collection : Mirages
Année : 2017
Page : 120


Résumé :
Miguel répond aux questions de son fils concernant son grand-père. C'est pour lui une occasion de revenir sur sa famille, son passé, son histoire. Miguel vient d'Espagne et ses parents ont connu dictatures et guerre. Alors que nous suivons le quotidien de Miguel, directeur artistique à Helsinki, nous replongeons en même temps dans son passé, son enfance, ses rapports avec son père, son grand-père et les souvenirs familiaux qui dérivent vite vers l'Histoire et les conséquences quotidiennes de l'horreur des conflits...

Mon avis :
Ce récit présente une forte composante autobiographique. Miguel, auteur et héros de cette histoire, revient sur un passé qu'il doit recomposer seul. En effet, son père n'est pas très enclin à parler de cette période difficile et son grand-père le fut encore moins. Il doit donc reconstituer, d'après des recherches, des questions, des infos glanées à droite et à gauche, le parcours et les motivations de ses parents. Et il se heurte à des blancs, à des points qui ne concordent pas, à ces fameux Espaces Vides qui donnent leur titre au recueil.
Mais en même tmps que Miguel se rappelle et qu'il fouille sa mémoire pour se souvenir des paroles paternelles, il transmet aussi à son fils.
L'enjeu de l'histoire est posée rapidement, transmettre ses souvenirs, ses récits, ce vécu pour qu'il ne soit pas oublié, mais que transmettre quand on n'a pas soi-même tous les éléments ?
Du coup, les déboires actuels de Miguel passent au second plan : Ses galères à Barcelone, son arrivée à Helsinki, ce travail qui ne l'emballe plus au bout d'un moment, sa séparation, son fils qu'il voit trop peu deviennent presque anecdotiques. Elles servent de transition pour passer d'un pan de sa mémoire à un autre.
Seul élément intrigant, ce mastodonte étrange et tatoué qu'il croise à son arrivée en Finlande et qui le remet sévèrement à sa place. Evénement marquant, qui prendra tout son sens ultérieurement dans la narration.

Si "Des Espaces Vides" nous raconte la quête de Miguel, le quarantenaire, elle parle aussi de l'enfance du père et de ses rapports à son propre père – le grand-père de Miguel, donc – et revient sur des épisodes douloureux de l'Histoire Espagnole amenant des familles à se déchirer, parfois sans un mot...
Et si on comprend Miguel, la zone de floue entourant son grand-père reste dense. Les actions sont là mais les motivations troubles. Et c'est bien ce qui turlupine notre héros.

page de "DES ESPACES VIDES" de Miguel Francisco chez Delcourt


Miguel Francisco prend aussi les pinceaux pour nous dessiner ce récit. Un trait simple, des personnages expressifs et attachants, des décors réalistes et des couleurs tout aussi simples. Là où l'auteur dérange, c'est quand il jongle entre le passé et le présent, entre souvenir et réalité, et qu'il se sert autant de la dramaturgie que de la composition pour arriver à ses fins, semer le trouble en nous.
Entièrement aux commandes du navire, il se permet de jongler entre les époques pour nous faire perdre pied. Et cette lecture qui risquait de devenir de simples aller retours entre Miguel adulte et Miguel enfant devient magique, mêlant de manière inattendue les périodes, les faits, et se coupant de toute chronologie.

"Des Espaces Vides" est un curieux voyage, permettant d'en apprendre plus sur l'Espagne des années trente et quarante, mais surtout sur la vie de Miguel Francisco, une vie aux blessures universelles, celles qu'ont peut-être connues touts les enfants issus d'un pays en guerre.

Zéda et les espaces vides !

"MES MORILLES", strip de Zéda pour illustrer chronique 7BD de "DES ESPACES VIDES" de Miguel Francisco chez Delcourt


David

 
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