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mardi 24 janvier 2017

Jean-Jacques Rousseau, Du Contrat Social - la chronique sociale !

couverture de JJ Rousseau Du Contrat Social par studio variety artwork chez soleil manga
Titre: Jean-Jacques Rousseau, du Contrat Social
Auteurs : Studio Variety Artworks (scénario et dessin)
Editeur : Soleil Manga
collection : Classiques
Année : 2016
Pages : 192


Résumé :
Du Contrat Social, œuvre phare de Rousseau, père du « Discours sur l'inégalité » et des « Confessions », vulgarisé au travers d'un récit fictif. A travers l'histoire de William et Roy, deux travailleurs issus du petit peuple et de Montaire, aristocrate au service du roi, le philosophe Jean-Jacques Rousseau nous explique comment l'homme peut passer de l'état de nature à l'état de société, et quelles sont les évolutions qui lui seraient bénéfiques dans le cadre de l'établissement d'un contrat social, et celles qui le seraient moins, voire beaucoup moins...


Mon avis :
Adapter le Contrat Social de Rousseau en manga était une sacrée gageure. D'autant plus que je vous avais déjà parlé de la tentative de vulgariser la Théorie de la relativité d'Einstein dans la même collection. Donc, après les sciences avec Einstein, voici la politique avec Rousseau ! Ou, si vous préférez, philosophie politique, ou socio-politique ou... Bref, appelez-le comme vous voudrez !
Il y a deux niveaux d'histoire dans cette BD. D'abord, les aventures de William et Roy, deux travailleurs exploités dans la France du dix-huitième siècle. Ceux-ci vont être amenés à prendre conscience de leur condition et à comprendre que les choses ne changeront que s'ils se retroussent les manches.
A côté de cela, tout au long de ce récit, Jean-Jacques Rousseau intervient ponctuellement pour nous expliquer l'évolution sociale de l'homme. Bon, n'ayant pas lu le contrat social, difficile pour moi de vous dire si c'est bien adapté et si on retrouve l'essence de la pensée de Rousseau.
Mais ce que je peux vous dire, c'est qu'il va falloir prendre votre temps pour lire ce manga, car les informations données semblent parfois simple, mais pour être sûr d'avoir bien saisi tous les enchaînements de pensées qui vous sont présentés, il vaut mieux s'y pencher deux fois.

Les deux niveaux de récits sont complémentaires. Rousseau expose des raisonnements qui ne figurent pas forcément dans le récit et les actions de William et Roy illustrent parfois les dires de rousseau et parfois permettent de faire avancer l'histoire de ces deux amis qui souhaitent s'en sortir.
Comme le signale un des personnages, un tel récit peut se révéler utopique par excellence, et le monde n'est pas si rose. Mais en examinant de plus près notre histoire, les mouvements pacifistes ont permis la révolution des œillets au Portugal et il est d'autres exemples où le pouvoir a vacillé sans que le sang coule.
Donc, tout cela semble bien gentil et parfois du coup bien utopique, mais ça ne l'est pas tant que ça. Ce que ce récit aborde, et sans jamais le nommer, c'est tout simplement le combat non-violent. Car ce n'est pas avec les armes que Roy et William vont changer le monde mais par la communication, en convainquant les bonnes personnes et là intervient Montaire, l'aristocrate employé par sa majesté, fatigué du régime quasi-tyrannique du roi, qui va faire avancer les choses.

Un autre point plus sombre est la confusion qui pourrait naître de cette lecture. Adaptation du Contrat Social, vie de deux travailleurs qui se révoltent, et on pourrait croire, si l'on ne connaît pas l'histoire, que ce recueil présente une vision de la révolution française, abordant le point de vue du peuple. Mais les noms fictifs et les situations fausses démentent ce fait. La révolution Française a été un bain de sang, qui a abouti à la terreur. On est bien loin du récit galvanisant et optimiste de ce manga. Il ne faut donc pas y voir une référence historique, même si certaines élément pourraient le laisser penser. Aucun Français ne se fera avoir, mais si l'on habite loin de la France, que l'on est d'une autre culture, on pourrait douter. Un point important à noter !

Allez, avant de parler des dessins, faites-vous une idée par vous-même grâce à Soleil :



Graphiquement parlant, on reste toujours dans le style manga, mais pas tant que ça. En tout cas au niveau des personnages. Si William, Montaire peuvent renvoyer à l'image des jeunes héros de Manga, il n'en est rien du roi, de Roy (ne pas confondre) ou d'autres personnages, comme Jean-Jacques rousseau lui-même d'ailleurs.
Le dessin noir et blanc s'adapte bien à ce récit se déroulant il y a trois siècles et la composition tout comme le cadrage savent nous garder dans l'histoire. Les illustrations des explications de Rousseau sont les bienvenues pour alléger le discours, mais ne contribuent pas toujours à clarifier le propos du recueil.
Heureusement pour nous, Jean-Jacques se fend d'un petit récapitulatif de fin qui résume ses dires. Propos avec lesquels vous ne serez pas forcés d'être d'accord car en y regardant bien, il y a des raccourcis qui ne m'ont pas semblé très juste. Mais c'est peut-être là l'effet de l'adaptation plus que du discours initial de Rousseau.

Adapter des œuvres si denses en BD, il fallait oser. Le parti pris de fictionner un récit pour faciliter la compréhension est très bonne. Peut-être aurait-il fallu le couper de ces liens avec la révolution Française pour éviter les confusions malvenues. Mais pour voir si le challenge est réussi, vous n'aurez d'autre choix que d'aller lire le pavé du « Contrat Social » de Rousseau !


Zéda face à Rousseau !

"LE CONTRAT DU SOT SY HALE", strip de Zéda pour chronique 7BD sur JJRousseau Du Contrat Social par studio variety artwork chez soleil manga


David


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