pub

Rechercher dans ce blog

mercredi 26 octobre 2016

Canardo, Premières enquêtes - la chronique de jeunesse !

Couverture de Canardo Premières Enquêtes de Sokal chez Pepperland

Série : Canardo
Titre: Premières Enquêtes
Auteurs : Sokal (scénario et dessin)
Editeur : Pepperland
collection :
Année : 1985
Pages : 48



Résumé :
La jeunesse de l'inspecteur Canardo, mais pas que... Un recueil de dix histoires courtes suivant ce personnage iconoclaste au cours des enquêtes de basse-cour regorgeant d'étonnantes surprises ayant émaillé la jeunesse de notre privé préféré...




Mon avis :
Dix histoires qui tranchent nettement avec la série que l'on connaît éditée depuis plusieurs années chez Casterman. On retrouve un Canardo jeune, plein de fougue et même assez nerveux. On croise également des personnages qu'on recroisera par la suite, comme Clara la femme fatale ou bien encore Fredo le barman. Et surtout, bien sûr, déjà, la mort !Omniprésente autour de notre cher canard. Mort qui lui offre des crimes à résoudre mais aussi mort des personnages secondaires et même mort du héros, qui rivent pourtant dans l'histoire d'après. En fait, dans ce recueil complet, la mort est une invitée permanente, et Canardo la ressent de plusieurs manières, indifférente, cynique, triste,ironique...
On voit bien que l'univers est en gestation dès la première histoire où les animaux parlent, s'habillent - mais pas tous, certains vont sans vêtement -, mais où leur société dépend du fermier. En effet, ils sont bel et bien dans une basse-cour et même une cour de ferme.
Et puis au détour d'une histoire, la donne change radicalement, les animaux tous habillés disposent de leur société, ambiance plus proche de tous les tomes qui succèderont à l'Amerzone. Là, l'homme n'a plus d'emprise ni même une once de présence. Si on démarrait sur une société restreinte où l'homme domine ces animaux, on bascule dans une société caricaturale de la société humaine où l'homme n'existe plus.
Et ce discrètement car si les premières enquêtes n'ont pas de lien entre elles, les suivantes se succèdent et se renvoient l'une à l'autre, par les personnages qui reviennent mais aussi par les événements qui se font suite.
Néanmoins, on retrouve toujours cette omniprésence de la mort, quelque soit l'univers. Comme dans un bon Shakespeare, les personnages tombent comme des mouches. Fusillés, empoisonnés, noyés, congelés... Presque rien ne leur sera épargné.
Comparé aux tomes suivants, où la couleur fait son apparition (dans ce recueil, le Noir et Blanc règne en maître) et où les mort sont beaucoup plus marquantes – les flaques rouges, le sang giclant dans tous les sens y contribuent fortement -, ce tome nous offre des morts moins sanglantes visuellement mais tout aussi violentes. Et contre toute attente, il forme un tout car c'est la vie de Canardo que nous parcourons. Ces nouvelles forment bien une histoire complète et là, si vous ne l'avez pas lu cette BD, ATTENTION SPOIL,
Oui, nous assistons à la mort du héros, fin du voyage pour Canardo. Et Sokal nous la sert sur un magnifique plateau. Si la vaillance du Canardo des premières histoires surprend par rapport au personnage apathique, sa fin vous surprendra tout autant pour d'autres raisons.
C'est intéressant de se demander ce qui s'est passé. Ces premiers récits auraient-ils rencontré un succès obligeant l'auteur à ressusciter son héros pour lui faire vivre de nouvelles aventures ? Ou tout cela n'est-il qu'une vaste farce comme le laisse à penser parfois les remarques de l'auteur insérées au long de certaines cases ?
La question dans toute la série car le monde de Canardo évolue à l'inverse du personnage qui ne change pus beaucoup. La société sous influence de l'homme existe dans les premiers tomes et disparaît, comme noté plus haut, à partir de l'Amerzone. Mais bon, annonçons la FIN DE L'ALERTE SPOIL.

La mort donc frappe beaucoup, souvent et durement dans ces premières enquêtes. 

 Une page un peu grise ? Normal pour une histoire s'intitulant le tribunal du blanc ! 

Si le graphisme atténue légèrement cette sensation, il n'en reste pas moins assez particulier à cet album. On retrouve le trait tout en précision de Sokal mais l'inspecteur n'a pas encore trouvé son apparence finale. Si le trench-coat est bien là, il n'y a pas encore l'éternelle chemise blanche cradouille et la cravate mal nouée volant au vent.
Les décors sont moins présents, car noyés dans un joli noir et blanc qui accentue les ambiances plus que la précision des lieux.
Le cadrage et la composition sont assez denses, les personnages se cumulent dans certaines cases et cela permet à Sokal de nous dévoiler son talent à créer une kyrielle de têtes animales si humaines et si différentes les unes des autres. Vous n'aurez qu'à regarder la faune du bar de Frédo pour vous en rendre compte.
Quant au nombre de décès, s'il n'est pas astronomique en soi, il s'agit de morts dont on se souvient. Rappelez-vous la descente de Canardo chez les rats...

Dans ce recueil, la mort fait partie de la vie, elle est violente, injuste et parfois rapide. Canardo doit apprendre à faire avec et nous, simples lecteurs qui mettons le pied dans ce monde, l'apprenons assez vite. Et pourtant, il est certaines morts qui vous laisseront un goût de surprises et d'inattendus dans ces dix historiettes.


Zéda et Canardo au comptoir !

"L'EX SAIT", strip de Zéda pour chronique 7BD sur Canardo Premières Enquêtes de Sokal chez Pepperland




David


Inscrivez vous à notre newsletter :

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Si tu as un avis à donner, c'est le moment ou jamais!