Elle est entrée au collège à son corps défendant. Elle en sortira par la force des baïonnettes (ou presque). Survol en apnée de longues années d’ennui. Et vous trouvez ça drôle ? Oui.

Titre : L’école est finie
Autrice : Evemarie
Maison d’édition : Robinson
Date de parution : 18/03/2026
EAN : 9782017265627
Prix : 19,99 euros
Format : 190 x 256 mm / couleurs
Pagination : 120 pages
Préface de Fabcaro
Sommaire de l'article
Le cercle infernal
Quand on est enfant, on a toujours envie de grandir, de vieillir. Mais on est prisonnier d’une boucle temporelle : l’école. Avec sa rentrée, ses leçons, ses séances de gym, les devoirs, les « compositions-interro écrites-devoirs surveillés » (Rayez la mention inutile suivant votre niveau scolaire. Ajoutons-y les vacances, les copains, les ennemis, les profs, secouons bien et quand on s’en sort… On en reprend pour une année.

Pour certains, ça se passe très bien. Pour d’autres, la boucle temporelle n’est pas tendre et on se doute qu’evemarie n’était pas du bon côté de la Force…
Dans l’école est finie, elle raconte ses années collège avec la verve à laquelle elle nous a habitués sur Instagram. Tout y est, les moqueries, l’ennui, les conflits, les profs méprisants, la répétition. Et comme elle n’en avait rien à battre, il y avait peu de chances que ça se passe bien.

Un bonbon acidulé
Avec sa nonchalance apparente, l’autrice nous conte donc ses fameuses années collège. Elle procède par étapes chronologiques. On démarre en 6e, au collège public, où elle décroche complètement de l’institution scolaire. On continuera avec le collège privé, pas piqué des vers, où elle a été inscrite par punition, « pour lui apprendre ». Elle traite ça avec un humour omniprésent, en ne retenant que les galères et on jubile avec elle. A lire, on préfère toujours s’identifier au cancre à la grande gueule : les bons élèves, c’est juste du décor.

Il n’empêche. Même si on en rit, grâce au talent de l’autrice, les anecdotes sont plutôt glaçantes. On n’est peut-être pas à Bétharram, mais les méthodes (anti)pédagogiques qu’elle décrit et les avanies qu’elle a subies rendent le rire un peu amer.
Heureusement que le dernier tiers du livre est consacré au paradis : Saint-Luc, l’école d’art qui a transformé la corvée quotidienne en bonheur permanent. On peut donc rire avec meilleur cœur et sans gêne d’une histoire où tout est bien qui finit bien (on est dans une BD, non ?)
Un graphisme joyeux et coloré
Le dessin enlevé, caricatural et très BD cartoonesque d’evemarie apporte beaucoup à l’humour impertinent qu’elle y développe. Les grandes cases, 3 ou 4 par page en général, apportent un rythme rapide à son histoire. C’est très vite lu, c’est une évidence et le seul défaut du livre, c’est un petit goût de trop peu.

Pour autant, c’est un très bon album qui chatouille les zygomatiques tout en traitant de sujets parfois graves. Il ne dépareillerait pas un CDI de collège, car il pourrait susciter quelques discussions intéressantes. A condition de tomber sur les bons profs, évidemment (il y en a, je suis prêt à témoigner !)
S’il reste un bout d’adolescent en vous (ou si vous en êtes un, ça va de soi), « L’école est finie » va vous accrocher un sourire irrépressible tout au long de sa lecture. Et ça, ça n’a pas de prix.


