Dix-huit ans après l’avoir quitté, Chloé est de retour au domicile familial, pour le décès de son père. Avec sa fille et son frère, elle débarrasse la maison et retombe sur un carton de Polaroid : toutes les photos qu’elle prenait en permanence, tous ses souvenirs d’adolescente. Elle plonge dans son histoire, ses parents, la maladie de sa mère, le lycée, les copains, le viol, la dégringolade, la rue, les galères, la reconstruction.

Titre : Le Dernier été de mon innocence
Auteur : Antonin Gallo
Format : 224×295
Nb de pages : 328
Parution : 27 août 2025
Editeur : Robinson
EAN : 9782017265504
Prix : 35.00€
Sommaire de l'article
Une vie ordinaire
Dans Le Dernier Été de mon Innocence, Antonin Gallo revient sur le personnage de Julie de sa première BD « État des lieux ». Largement autobiographique, cette première BD voyait l’auteur revenir sur un premier amour fantasmé. Pour ce nouvel album, Julie devient Chloé, mais Antonin lui donne une épaisseur, un background, une vie et une histoire qui dépassent de loin ce qu’on attendait en prenant ce roman graphique en main.
Chloé telle qu’on la découvre au début de l’œuvre est une jeune femme, en âge de se retourner sur sa vie et son expérience. On suit sa découverte du carton de vieilles photos avec un sourire amusé et complice. On visite ses anecdotes avec bienveillance, même si on sait (le titre nous a avertis d’emblée) que les choses vont se gâter.

On est lecteur, spectateur, puis on s’enfonce, on se plonge et on se perd. À un moment, on est fichu, pris dans l’incroyable efficacité du récit que développe l’auteur. On ne reposera l’album qu’après avoir tourné la dernière page, admiratif devant le tour de force et plein d’amour et de soulagement pour Chloé et sa résilience.
Des personnages extraordinaires
Antonin Gallo est un perfectionniste et il est visiblement amoureux de ses personnages. Il les habite au point de leur donner une voix tout à fait personnelle et unique. La narration de l’histoire est menée par Chloé et on est emporté par elle au point de se demander après le choc comment Antonin a pu lui donner une telle présence et une telle véracité. Sa peinture d’une époque est très fine et très juste. Il rend compte de la vie sociale et psychologique des jeunes dans les années 90 et il le fait avec une simplicité et une évidence bluffantes.

Pas de pathos ni d’esbroufe, malgré les thèmes abordés, mais une justesse de ton et une empathie qui plongent le lecteur dans l’époque, dans l’histoire, dans les péripéties qui emmènent la jeune fille très loin dans la détresse.

Malgré son parcours particulièrement corsé, Chloé remonte la pente, mais là encore, l’auteur ne cède pas à la facilité : il laisse à Chloé une liberté, une singularité qui nous laissent admiratifs.
Un bijou dans un bel écrin
Côté dessin, on n’est pas en reste. Les personnages sont superbement campés et le trait magnifique. Les couleurs sont principalement des variations de sepia, ou de bleu-gris pour les moments les plus durs, avec quelques rares pages en pleines couleurs pour les moments les plus idylliques. Ces choix de couleurs donnent un ton exceptionnel à ce très bel album et une profondeur supplémentaire à l’histoire.

Le trait, la justesse et la beauté des personnages ne surprendront pas ceux qui ont suivi l’auteur sur le Détox (en collaboration avec Jim), ni ceux qui le suivent depuis des années en auto-édition sur ses recueils d’œuvres érotiques (les Warm-ups). Ceux qui le découvrent à l’occasion du Dernier Été ne manqueront pas d’être impressionnés et viendront grossir les rangs des fidèles.

Un album magnifique
Ce roman graphique est incontestablement une grosse surprise de rentrée : un album magnifique autant graphiquement que scénaristiquement. Il vous prend au cœur et ne vous lâche pas jusqu’à la dernière page. Un coup de cœur et un coup de poing qui vous réjouira. Ne passez pas à côté : Antonin Gallo signe ici une histoire profondément humaine traitée à la perfection.


