vendredi 19 août 2022

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La Malédiction de Gustave Babel, un récit des contes de la Pieuvre, la chronique florale…

couverture de La Malédiction de Gustave Babel de Gess chez Delcourt
Titre
: La Malédiction de Gustave Babel, un Récit des Contes de la
Pieuvre
Auteur :
Gess (scénario et dessin)
Editeur :
Delcourt
Collection
: Machination
Année :
2017
Pages : 200

Résumé d’une malédiction.

Argentine,
1925. Un enfant pénètre dans une grande résidence, un coup de feu
claque. Un vieil homme gît au sol, Gustave Babel, finalement
rattrapé et exécuté par « La Pieuvre ». Alors que la
vie s’échappe de son corps, il se rappelle son passé en France, une
dizaine d’années plus tôt. Cette période où il était Babel,
l’assassin de la Pieuvre, cette période où il parcourait le monde
pour prendre la vie des cibles qu’on lui désignait, cette période
où il s’est soudain mis à rêver…

Mon
avis sur la Malédiction de Gustave Babel.

Une
histoire qui m’a attrapé au col, sans que je ne m’y attende. Bon,
là, j’exagère un peu, car la préface de Serge Lehman expose
l’univers particulier que Gess a posé sur ce récit mais pourtant
quelle découverte !
Pour
ma part, j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre ce tueur au travers
de sa vie, de ses rêves dans ce monde proche du notre mais qui ne
lui correspond pas réellement. Un monde où certaines personnes
disposent de pouvoirs… Mais attention, pas de super-héros en
collants et cape défendant la veuve et l’orphelin. Des pouvoirs
comme celui de parler toutes les langues, d’enjôler votre
interlocuteur par les mots que vous prononcez, ou encore d’hypnotiser
ceux qui vous entourent. Des pouvoirs que l’on utilise pour survivre
dans ces années 1900 où la misère côtoie la richesse, où la
guerre se prépare, où le crime s’est organisé d’une bien étrange
manière à Paris…

Gustave
Babel, en plus de vivre à la lisière du réel, est un fervent
admirateur de Baudelaire. Ces vers émaillent le récit, au hasard
des lectures ou des rencontres du héros.

Tout
ce mélange, vous l’avez compris, donne un résultat curieux et
surtout envoutant. J’ai vraiment apprécié de marcher sur les traces
de Gustave Babel et sa malédiction. Ce paris ancien, ce fantastique
présent dans le quotidien, l’onirisme où Gustave doit plonger pour
retrouver son passé, les fantômes – ou les hallucinations – qui
passent et repassent, tout cela tend à créer une histoire
merveilleuse, poétique et presque gothique…
L’intrigue
se développe, on pense lire l’histoire d’un homme qui se remémore
sa vie au seuil de la mort et on tombe dans les souvenirs d’un homme
en quête de son passé dont la clé se trouve dans ses rêves.
Psychanalyse mémorielle ou fantastique ? Peu importe, finalement.
Comme Gustave le dit lui-même, les personnes qu’il voit sont sans
doute des hallucinations mais il préfère croire que ce sont des
fantômes.
Et
même si, derrière le fantastique, on peut discerner la présence de
la raison et expliquer de manière rationnelle ce que l’on découvre,
je préfère moi aussi la solution du fantastique. Il donne à ce
monde et à Gustave plus de corps.
Mais
à côté de ce fantastique, il se trouve aussi une réalité dure,
âpre, celle des prostituées, des trafiquants, des meurtriers sans
foi ni loi. Et Gustave, qui vit dans ce monde, nous y entraîne à sa
suite. C’est peut-être là où le merveilleux rejoint le gothique,
dans ce monde fantastique qui éclot et se mélange à un quotidien
réaliste.
page extraite de La Malédiction de Gustave Babel de Gess chez Delcourt
Vous sentez déjà flotter une forme de Magie dans cette page…
Ce
récit surprenant à cela d’agréable qu’on ne sait pas vraiment où
il vous emmène. Et le dessin de Gess apporte une touche de magie
supplémentaire. Ces cases tracées à la main, ce dessin pas
vraiment réaliste mais pas caricatural pour autant, ces couleurs
tranchées, aux dominantes qui persistent le temps de quelques pages,
cette distance avec les personnages qu’on voit le plus souvent de
loin – peu de très gros plans – et pourtant, on se sent proche de
ces hommes, de ces femmes. Gess mêle avec bonheur son talent de
conteur et celui d’illustrateur.
Tout
au long des deux cent pages et des sept chapitres de ce récit
fascinant, Gess nous pose des ambiances de couleurs aussi
enchanteresses que cauchemardesques : Bas-quartiers, asile de fous,
champ de bataille, monde onirique, bateau ou train, et tant d’autres
encore. Autant de lieux hantés par des personnages, jeunes ou vieux,
hommes ou femmes mais qui resteront longtemps dans votre mémoire.

Je
pourrais vous parler encore de cette BD mais je n’ai qu’une chose à
vous dire ou du moins à vous conseiller : Allez lire « La
Malédiction de Gustave Babel », une histoire étrange et
originale, poétique et capiteuse, irréelle et maladive, comme une
des fleurs du mal du vieux Charles…
Zéda
et Gustave Babel !
"L'ANGLAIS TRANS GERE", strip de Zéda pour illustrer chronique 7BD sur La Malédiction de Gustave Babel de Gess chez Delcourt
David

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