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Instants d’années, 40 ans dans l’intimité de la maison Delcourt, la BD d’un regard en arrière

Série : –
Titre : Instants d’années, 40 ans dans l’intimité de la maison Delcourt
Auteurs : Alfred (scénario et dessin)
Éditeur : Delcourt
Collection : –
Année : 2026
Pages : 56
Résumé d’une histoire au long cours :
Enchaînement de souvenirs, retour en arrière sur quarante ans d’existence, de la fin des études de Guy Delcourt, son travail de journaliste, la création de sa maison d’édition, et de nombreuses autres étapes importantes…
Le scénario qui évoque sans s’attarder :
Alfred a pris le parti de poser des souvenirs, saisir des instants pour retracer la vie des éditions Delcourt. On navigue à vue dans les locaux parisiens, à Angoulême, dans des bars, autant d’endroits qui ont connu les moments marquants de cette société qui a su s’imposer avec les années comme un poids lourd du milieu, en éditant BD, comics, manga et en conjuguant mainstream et confidentiel.
Ces moments forts ne sont pas évoqués par des reconstitutions ou des biopics de Delcourt, mais avec des dessins croquant un simple instant, parfois une pièce vide, parfois des couvertures emblématiques. Alfred nous entraîne dans cette série de petites touches souvent mystérieuses. Heureusement, à la fin de la BD, des notes expliquent les événements évoqués, afin d’éclairer le néophyte qui ne connaît pas la vie de Delcourt. C’est le pari osé de cet album BD, en dehors de ces pages finales, pas d’explication, un parcours uniquement graphique qui attire l’œil et fait réfléchir sur ce qui est représenté.

Le dessin mixte et carré :
Dessin mixte, car Alfred ne se prive pas de mélanger les différentes techniques qu’il connaît : couleur, monochromie, noir et blanc (ou plutôt bleu et blanc), aquarelle, pastel, crayon, encre… Ces touches de styles différents symbolisent ainsi les souvenirs que notre mémoire garde souvent parfois plus ou moins flous.
Dessin carré, car Alfred a choisi le format unique du carré. Mais pas de monotonie dans cet album carré, parce qu’Alfred compose les planches en modifiant la taille de ces cases. Parfois gaufriers de trois sur trois ou deux par deux, parfois un grand carré entouré de petits, tout est possible là aussi. Certains dessins se retrouvent ainsi mis plus en avant que d’autres, tout comme les souvenirs, certains restent frais malgré le temps alors que d’autres récents nous semblent plus volatils.
Cette BD est en fait au format Leporello, comprenez que vous pouvez la déplier comme un « accordéon » et que vous pouvez étaler devant vous pour voir en un coup d’œil la moitié de l’album. En effet, c’est un leporello recto verso. Vous pouvez donc l’ouvrir pour voir un côté et le retourner ensuite pour voir l’autre.
Création originale qui rappelle certains albums d’estampes japonaises. Effectivement, on peut penser qu’Alfred a capté ces instants éphémères qui disparaissent une fois vécus et dont il ne reste que le souvenir, sauvé par le dessin comme dans ces instantanés.
Conclusion d’une BD temporelle :
Cette BD relie des souvenirs qui flottent et qu’Alfred a su attraper au vol pour constituer ce Leporello original et inattendu pour un hommage.
Zéda rencontre Alfred !



