vendredi 13 mars 2026

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Hypersurveillance, enquête sur les nouveaux outils de contrôle, la chronique qui veille

Hypersurveillance, enquête sur les nouveaux outils de contrôle, la BD qui fait frémir

couverture de "HYPERSURVEILLANCE" de Julie Scheibling et Remi Torregrossa chez Delcourt.

Série : –
Titre : Hypersurveillance, enquête sur les nouveaux outils de contrôle
Auteur : Julie Scheibling (scénario), Rémi Torregrossa (dessin)
Éditeur : Delcourt
Collection : –
Année : 2026
Page : 136

Résumé d’une histoire traitant de faits réels :

Une journaliste souhaite trouver un coin paradisiaque pour partir en vacances avec son petit ami. Alors qu’ils partagent leur idée, le téléphone leur propose un endroit ! Seraient-ils écoutés par leurs smartphones ? La journaliste propose alors à sa rédaction d’enquêter sur les outils numériques de surveillance dans une série documentaire, démarrant sur la question « nos portables nous écoutent-ils ? ». Elle découvre des informations étonnantes qui chamboulent son rapport au numérique…

Le scénario mettant à la lumière de sombres affaires :

Julie Scheibling nous offre, avec cette BD qui se présente comme l’histoire d’un reportage, une prise de conscience. Le récit suit quelques grands axes des outils de surveillance via les smartphones, les applications d’espionnage, les logiciels de reconnaissance faciale sans oublier les reventes de données personnelles. On sait que tout cela existe. Mais cette BD permet d’en comprendre la portée en mettant à jour des affaires de trafic impliquant des grandes sociétés et même des états. Et il ne s’agit pas que de la Chine, mais des cas bien plus proches de nous, impliquant des grands groupes israéliens, anglais, américains et aussi les gouvernements français, russe ou encore libyen.

Des dossiers comme Cambridge Analytica, RedWolf, ou encore Pegasus permettent de prendre conscience de tout ce qui se passe avec nos données et nos smartphones. En tout cas, de ce qui est possible de faire en matière d’espionnage et de ce qui a été fait. On réalise alors qu’on n’est plus dans l’anticipation ou dans la science-fiction, mais bien dans notre monde contemporain. Une BD fort utile, pédagogique, où l’on suit, à côté de tous ces sujets d’enquête, l’évolution du personnage principal, la journaliste, qui réalise l’impact invisible de son smartphone et prend ses distances avec la communication digitale malgré les doutes de son compagnon. Ce dernier renvoie plusieurs idées reçues qui sont celles que nous avons tous « Je ne suis personne, pourquoi serais-je traqué ou espionné ? ».

Et si le doute subsiste, les sources sont listées à la fin de la BD, permettant au plus consciencieux d’aller vérifier sur quoi s’appuient les affirmations de cette BD. Dans certains cas, l’indicatif cède la place au conditionnel, il ne s’agit donc pas de charger sans preuves, mais de faire un état de ce qui est prouvé, vidéo des commissions d’enquête à l’image, et de ce qui est supposé. Les personnages ne sont ni tout blanc ni tout noir, on navigue en eaux troubles avec des lanceurs d’alerte qui n’ont pas forcément la conscience tranquille. Une histoire de fiction qui nous présente ainsi des faits réels et nous amène à réfléchir à deux fois avant d’accepter les CGU des sites où nous naviguons, réseaux sociaux ou autres !

page de "HYPERSURVEILLANCE" de Julie Scheibling et Remi Torregrossa chez Delcourt.
les smartphones ne sont pas si inocent qu’ils en ont l’air…

Le dessin aux teintes de couleurs marquées :

Remi Torregrossa dessine des personnages de fiction et d’autres réels que l’on reconnaît. Son graphisme précis limite néanmoins les traits et n’offre pas un dessin chargé. Les aplats de noir permettent de réaliser les ombrages, mais un des points intéressants est la gestion des couleurs. Elles sont posées par couche, mais par teinte. Certaines pages présentent uniquement du jaune, d’autres du rouge, d’autre du bleu-gris. Quelques exceptions mélangent les couleurs, comme pour les drapeaux des différents pays incriminés, ou les animaux symbolisant certains logiciels espions.
Remi Torregrossa peut aussi faire le choix de mettre un personnage en rouge, cible des yeux des caméras de surveillance, pour nous faire comprendre un protocole de suivi, d’identification. Un choix particulier qui colle très bien à la BD et fait ressortir visuellement certaines infos.

Conclusion d’une BD inquiétante :

BD réaliste, mais inquiétante, Hypersurveillance a le mérite de pointer le problème. Et finalement, ce n’est pas la BD qui est inquiétante, mais bien tout ce qu’elle dénonce, à juste titre, afin de réveiller nos consciences endormies par une société de consommation et de loisirs où nos données sont les produits. Vous ne verrez probablement plus FaceBook de la même manière…

Zéda croise la journaliste…

"L'ESPION QUI ME TELEPHONAIT" strip de Zéda pour illustrer la chronique 7BD sur "HYPERSURVEILLANCE" de Julie Scheibling et Remi Torregrossa chez Delcourt.

David

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David
Davidhttp://www.davidneau.fr
Scénariste pour le jeu vidéo, le podcast et le cinéma, auteur-réalisateur de court-métrages animés, auteur dessinateur la BD numérique "Zéda, l'Odyssée du quotidien", enseignant à l'ICAN en BD numérique, et chroniqueur BD bien spûr. Sans oublier passionné de musique et de... BD ! Tout est dit.

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