mercredi 29 mai 2024

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Beyond the Clouds de Nicke, à la recherche de l’émerveillement

Beyond the Clouds nous invite au voyage et à l’aventure, où la guerre et les affrontements sont remplacés par les tracas du quotidien.

Les 5 tomes de Beyond the Clouds de Nicke, 2018-2023
Les 5 tomes de Beyond the Clouds de Nicke, 2018-2023

Introduction

Beyond the Clouds1 est un manga dessiné et écrit par Nicke, dont le premier tome est sorti chez l’éditeur français Ki-oon en 2018. Comme pour l’Atelier des Sorciers2, le postulat de départ ne part pas directement dans une épopée où les héros partent faire la guerre en se prétendant des chevaliers, paladins ou que sais-je. Mais celui d’une aventure plus ou moins légère, ayant comme postulat les tracas du quotidien. Beyond the Clouds y va rapidement dans cette direction par le dessin et l’ambiance générale.

Présentation du manga

Cette courte série de cinq tomes s’est finie au début de l’année 2023. C’est un manga que je tiens à vous faire découvrir, car il s’agit d’un récit nous plongeant dans un univers d’heroic-fantasy, et dont la mangaka Nicke va le narrer à sa manière. En effet, il n’est pas question d’un mage ou guerrier aux valeurs dignes d’un shōnen qui doit sauver le monde dans un univers médiéval, que ce soit comme chez Fairy Tail3, Les chroniques de la guerre de Lodoss4. ou Hajimari to Owari – Colored Stones5. Ce dernier n’a clairement pas la même renommée que les deux autres.

Synopsis

Beyond the Clouds raconte comment Théo, un jeune ingénieur travaillant dans la ville Jaune, une cité d’artisans, rencontre Mia, une fillette ailée et amnésique. Malgré ce problème, Théo va tout faire pour l’aider à retrouver la mémoire.

Image de couverture du chapitre 3 du tome 1 du manga Beyond the Clouds
Des dessins simples avec une touche d’aquarelle, reflétant l’esprit de ce manga.

Hors des sentiers battus de la fantasy

Comme vous le voyez, c’est une intrigue qui sort des sentiers battues des histoires du style Le Seigneur des Anneaux. Le manga Fieren6 sorti chez nous en 2020, l’avait fait en commençant juste après une guerre opposant le Bien et le Mal. Comme si finalement, ce qu’il y a d’intéressant à raconter n’est pas cette lutte sempiternelle. Principalement car Beyond the Clouds ne fait pas partie de la catégorie du nekketsu, où le récit est rempli de scènes de combats à rallonge. Nicke décide d’inscrire ses personnages dans un univers de fantasy toute somme classique avec ses propres légendes et son bestiaire, pour illustrer le banal.

Au départ, j’ai connu Beyond the Clouds par le biais de sa bande annonce animée. Mise à part les dessins qui diffèrent du manga, ce qui a retenu mon attention sont les couleurs, l’atmosphère douce et la texture vaporeuse de la ville Jaune.

Dans leur voyage, Théo et Mia multiplient des rencontres. Dans la ville Jaune, puis dans la nature et dans d’autres villes. Il s’agit pour Nicke de mettre l’accent sur le voyage et les situations inattendues, tout en développant son univers de fantasy. Elle peut alors raconter le quotidien des personnages que rencontrent Théo et Mia. Des individus qui sont excentriques pour les uns, rustres pour les autres. Ils restent cela dit tous et toutes bienveillants.

À noter que nos jeunes voyageurs ne sont pas au cœur d’une guerre ou d’une intrigue politique. Parmi les moments dramatiques, seulement deux sont marquants. Ils tranchent bel et bien avec la douceur de l’histoire.

Influences et thématiques de Beyond the Clouds

La narration

À côté des rencontres auxquels nos héros feront, une scène de combat est présent à chaque tome. Ce qui frappe à l’esprit est cette inspiration du jeu de combat au tour par tour, typique d’un Final Fantasy. Un personnage de chaque camp attaque à son tour après avoir préparé une attaque, lorsqu’il esquive ou s’il a déjà été touché. Ce qui se ressent avec le découpage des cases. L’action est même décrite avec des cases de texte comme dans les jeux Pokemon. Ce qui en fait un clin d’œil sympathique.

Beyond the Clouds, aquarelle par Nicke
Théo le bricoleur, et Mia la fillette ailée.

A la recherche de l’émerveillement perdu

Une autre inspiration pour ce manga qu’on peut noter est celle des films de H. Miyazaki, dont celui qui entretient le plus de liens est Le Château dans le ciel7 (ou Laputa), sorti en 1986. Que ce soit les engins volants, les lieux ou créatures mythiques, les villes industrielles, l’enfance et l’omniprésence de la nature. D’ailleurs, s’il y a un message écologique dans Beyond the Clouds, il n’est pas forcément appuyé. Ici, la nature est utilisée à la fois en tant qu’élément de narration et de décor. Où Théo et Mia sont ébahis par les découvertes qu’ils font. Cette émerveillement a commencé à prendre forme chez Théo à partir des livres.

Première page du tome 1 de Beyond the Clouds
Le début de l’aventure commence par les livres.

Comme le dit Théo au commencement du manga, les livres l’ont permis de s’évader. Cette fascination pour la nature et les créatures fantastiques l’a accompagné au début grâce à ces bouts de papiers fournis en dessins et textes.

Une anecdote concernant la création du film Laputa. Miyazaki affirma s’être librement inspiré8 des Voyages de Gulliver9 pour son film. Ces deux œuvres transmettent au final le goût de l’aventure.

Conclusion

En refermant le cinquième et dernier tome, on se rend compte que même si l’essentiel avait été dit, il restait certaines choses à montrer et à dire dont le souhait de Théo. Beyond the Clouds n’était à mon sens pas fini. Sa conclusion ouvre des chemins possibles en matière de narration. Et seul le lecteur peut imaginer la suite.

Certains personnages auraient mérités d’être approfondis, je pense à Doug et Nora. On imaginerait la suite du manga avec le retour des bandits qui ont piégés nos héros au début du manga (une scène visible dans la bande annonce). Malgré une certaine frustration, j’ai pris plaisir à lire leurs aventures rigolardes.

Page du tome 2 du manga Beyond the Clouds
Une atmosphère chaleureuse dans ce genre de page.

Beyond The Clouds se lit sans prise de tête, et de préférence sous la couette ou devant un bon feu de cheminée. Il est quelque part réconfortant par son atmosphère et les personnages chaleureux. Le récit prêche le pouvoir des livres et leur capacité à nous faire voyager. Les personnages comme le lecteur. À nous ouvrir sur le monde qui nous entoure. Et surtout, à aller découvrir des mondes inconnus, fictifs comme réels.

Illustration de Paprika, fanart de Beyond the Clouds
Illustration de Paprika à l’aquarelle, fanart de Beyond the Clouds, 2024

Merci d’avoir lu cet article sur Beyond The Clouds. Si vous avez pu le lire ou s’il vous a fait pensé à un autre manga, n’hésitez pas à écrire vos impressions dans les commentaires.

Je vous dis à bientôt pour de nouvelles chroniques. En vous souhaitant de belles trouvailles, portez-vous bien.

  1. Nicke, Beyond the Clouds, 2018, Ki-oon ↩︎
  2. Kamone Shirahama, L’atelier des Sorciers, 2016, Kōdansha, 2018 chez Pika Éditions ↩︎
  3. Hiro Mashima, Fairy Tail, 2006, Kōdansha, 2008 chez Pika Éditions ↩︎
  4. Ryo Mizuno, Masato Natsumoto, Chroniques de la guerre de Lodoss, La légende du chevalier héroïque, 1998, Kadokawa, 2008 chez Ki-oon ↩︎
  5. Shawny193, Hajimari to Owari – Colored Stones, 2023, disponible sur le site Mangadraft.com
    ↩︎
  6. Yamada Kanehito, Abe Tsukasa, Fieren, 2020, Shōgakukan, 2022 chez Ki-oon ↩︎
  7. Hayao Miyazaki, Laputa, le château dans le ciel, 1986, 124 minutes, Studio Ghibli ↩︎
  8. Critique Le Château dans le ciel sur le site L’œil sur l’écran, août 2016, https://films.oeil-ecran.com/2016/08/26/chateau-dans-le-ciel/ (consulté le 29 mars 2024) ↩︎
  9. Jonathan Swift, Les Voyages de Gulliver, 1726, Londres ↩︎
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