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Ulis, la BD d’une situation complexe

Série : –
Titre : Ulis
Auteurs : Fabien Toulmé (scénario et dessins)
Éditeur : Delcourt
Collection : Mirages
Année : 2025
Pages : 198
Résumé d’une histoire émouvante :
Ivan commence un nouveau travail comme AESH (Accompagnant des Élèves en Situation de Handicap). La proviseure le reçoit et lui présente la classe dans laquelle il va intervenir pour encadrer un nouvel élève, Matisse. Ivan découvre l’enseignante responsable, sa collègue AESH et les élèves de cette classe Ulis, destinée aux enfants handicapés ou en situation de handicap. Pour Ivan, renfermé sur lui, c’est le début d’une année difficile, mais riche en émotions…
Le scénario d’un récit plein d’humanité :
Fabien Toulmé nous offre une nouvelle histoire où l’émotion nous emporte. On se plonge avec Ivan dans cette classe. On tente de comprendre les enjeux de chacun de ces enfants, de Pauline Tramont, l’enseignante responsable de la classe Ulis, de Maryama et Virginie, les deux autres AESH et bien sûr d’Ivan, qui a des soucis à résoudre.
Cette BD qui dure une année scolaire nous montre l’évolution de chacun, mais surtout l’évolution des relations entre élèves, enseignants, AESH, parents. A travers cette histoire, de nombreuses problématiques sont développées : le refus d’accepter son handicap, pour l’enfant ou pour les parents, le regard sur le travail d’AESH, une simple mission professionnelle ou un sacerdoce nécessitant un grand investissement, la juste distance, aider sans trop s’impliquer, pour ne pas souffrir. Pour Ivan, la vraie question est comment aider des enfants quand on est soi-même en difficulté ? Ivan a vécu des choses dures professionnellement, et cela pointe indirectement les problèmes et les pressions subies en entreprise.
On s’attache à tout le monde, car rien n’est blanc ou noir, les situations sont complexes comme l’être humain est complexe. Et si Ivan arrive à résoudre certains de ces problèmes, le happy end ne l’est pas tant que ça, parce que les désordres structuraux des classes Ulis sont toujours là : problème de formation des intervenants, de leur disponibilité, intégration des élèves dans les classes générales… Et les sourires, parfois, sont des masques afin de ne pas craquer sous la masse de travail ou bien à cause des drames qui frappent la classe.

Le dessin tout en rondeur :
Fabien Toulmé garde son trait habituel. Les personnages sont dessinés simplement d’un trait uni, sans hachures ni tracés nerveux. Les décors sont tracés à la main, et les portes, les murs sont irrégulièrement droits. Quelques marques sur un mur ou un meuble, représentés par deux ou trois petits traits, s’ajoutent au dessin et donnent une petite présence, une ancienneté.
Les couleurs posent les lieux. On est sur une bichromie orange et bleu. Quand l’un et majoritaire, l’autre devient minoritaire, et inversement.
Le bleu est la couleur dominante de la salle de classe, du collège, du lycée, de l’extérieur et l’orange devient la couleur dominante du domicile d’Ivan, des lieux de fête, du cabinet du psy.
Les teintes varient selon les saisons. En effet, l’histoire est découpée en quatre grandes parties : l’automne, début de l’année scolaire, puis l’hiver, le printemps et l’été, marquant la fin de l’année.
La composition des planches est simple, des cases régulières, pouvant laisser parfois place à de grands dessins pleine page, marquant un moment fort.
Ce dessin apaisé, jouant sur la simplicité, mais pas sur la facilité, n’en fait pas moins ressortir la dureté de certaines situations.
Conclusion d’une BD immersive :
Avec Ulis, on comprend mieux l’univers de ces classes, les problématiques de fond auxquelles elles sont confrontées et les tracas du quotidien ; cela sans aucun didactisme, par l’intermédiaire de personnages humains, qui font du mieux qu’ils peuvent pour gérer leur difficulté et celles des autres.
Zéda croise Ivan.



