samedi 14 février 2026

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Tokyo Cannabis, Japanese Connection

Tokyo Cannabis, une série planante. Morio est un fleuriste. Il a du mal à joindre les deux bouts pour nourrir sa famille. Il se voit proposer un plan très simple par Kagayama, un vieil ami de lycée. Puisqu’il s’y connaît très bien, il lui suffirait de faire pousser du cannabis pour arrondir ses fins de mois. C’est illégal, mais pas de soucis : le copain a tout prévu. Sauf que… Bien entendu…

Tokyo Cannabis, cover t4

Titre ‏ : Tokyo Cannabis
Auteur : Yūto Inai
4 tomes parus
Format : 127×180
Prix : 8.10€
Nb de pages : 160
Collection Big Kana

Tokyo Cannabis, aux sources de la production

Big Kana reçoit donc en son sein, cette surprenante série où Yūto Inai va jeter dans le monde louche des Yakuzas et des dealers un personnage foncièrement honnête, incarnation de l’homme naïf et courageux, père de famille et mari idéal.

On ne peut s’empêcher de penser à Breaking Bad, évidemment, quand on découvre dans ce nouveau manga. La plongée de ce candide dans le monde de la drogue et des dealers crée un contraste à la fois drôle et dramatique et l’auteur bénéficie de cet effet comme dans la série. Cependant, il ne faut pas s’attarder sur la comparaison, car Tokyo Cannabis est beaucoup plus soft que son homologue. Les contrastes y sont beaucoup moins marqués, ce qui pourrait jouer en sa défaveur.

Argent facile

Un scénario solide et clair

Morio Chitō est fleuriste et il a beaucoup de mal à maintenir son commerce à flot. Son épouse, Himari, l’aide tant qu’elle peut à l’aide d’un emploi partiel. Mais les comptes sont toujours dans le rouge, la famille se prive et Morio culpabilise. Lors d’une soirée de retrouvailles de lycéens, il retrouve son vieux copain Kagayama, un beau gosse qui a apparemment très bien réussi. Très vite celui-ci va lui faire confiance et lui révéler que son argent vient de la culture du cannabis. Il propose à Morio, qui est un « génie de la botanique » depuis le lycée, de l’aider à faire pousser du cannabis et même, pourquoi pas, de créer une variété hautement vendable de la plante. Aucun risque, affirme Kagayama : Morio ne s’occupera que de la botanique.

Une famille unie

Tout le sel du scénario, le lecteur le sait et l’attend, c’est que tout ce qui pourra mal tourner tournera mal. Yūto Inai ne nous déçoit pas sur ce plan : de façon très régulière, très tranquille comme une boule de neige sur un plan incliné, les ennuis, contre-temps et autres emmerdes se présentent, s’accumulent et s’accélèrent. Morio est pris au piège et il s’implique toujours davantage et se montre plein de ressources. Sa famille, toujours présente dans l’histoire, est menacée par la situation et fournit de la matière pour rebondir. Les liens avec les yakuzas et leur intervention dans les affaires des deux producteurs fournissent leur lot de rebondissements et de danger. Et évidemment, les forces de l’ordre se mettent de la partie, plaçant Morio et Kagayama entre le marteau et l’enclume.

Tokyo Cannabis, entre marteau et enclume

Tokyo Cannabis, pour en savoir plus

Le mangaka se montre très volontiers pédagogue, ce qui alourdit le récit, mais ne le rend pas moins intéressant : il entre dans les détails botaniques du cannabis comme dans les habitudes du consommateur. On a parfois l’impression qu’il ne manque que quelques bandeaux « Legalize it » en haut des pages, ce qui peut déplaire à certains (tant pis pour eux). Par ailleurs, il grossit (un peu trop) le trait pour ses personnages de policiers. L’agent en uniforme du quartier est un salopard inquisiteur, aux dents pointues, renifleur, vicieux, particulièrement haïssable. Le principal inspecteur des stups est, lui, un vrai ripou brutal, qui outrepasse les droits et néglige les lois. Au temps pour l’identification du lecteur : on penche du côté de Morio et Kagayama !

Creepy policeman
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Une série à suivre

Le dessin de ce seinen sombre, mais subtilement ironique, est absolument parfait. Classique et précis, parfaitement adapté à l’histoire, il soigne les personnages, les rendant parfaitement distincts les uns des autres, pour une lisibilité parfaite de l’œuvre. Yūto Inai a un trait classique, semi-réaliste et sombre, sans être « dark », très agréable à l’œil et d’une lisibilité exemplaire.

La série est tout bonnement excellente, si on passe les deux petits défauts (le rythme et la caricature de certains personnages). Elle a surtout le potentiel d’aller plus loin dans la descente aux enfers de ces héros (on pense bien sûr à Breaking Bad (encore) ou My Home Hero pour les mangas).

Phil Caille

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Philippe Caille
Philippe Caille
Fan de Bd, passé aux comics, passé aux BD, passé aux mangas, je reste fan avant tout de la narration dessinée. Chroniqueur manga sur Insta, passionné de rock et de plein d'autres choses, j'aime faire partager mes passions

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