Dans un Japon pas trop lointain dans le futur, tous les citoyens possèdent une rights card qui détient leurs droits. Santé, travail, argent, tout passe par cette carte. Ceux qui en sont déchus deviennent des mujinas, des sous-humains, n’ayant plus droit à rien. En contrepartie, étant hors la loi, ils peuvent sans représailles sociales devenir des tueurs à gages. Ubume en est une, mais la lutte est rude…

Éditeur Kana
Collection Big Kana
Titre Mujina into the deep T1 & 2
EAN 9782505142881
Scénario & Dessins Inio Asano
Parution 2026-01-23
Format 148×210
Nbre pages 196
Prix 13.25 € / 19.8 CHF
Sommaire de l'article
Immersion rapide
Comme le dit le titre »in the Deep », Inio Asano nous plonge vertigineusement, au propre comme au figuré, dans son monde. A peine décalé de notre monde actuel au fichage numérique de plus en plus prégnant, son futur extrapole sans scrupules une société allant vers le pire, là où l’humanité semble en général se précipiter.

Dans Mujina, le socle de cette société, c’est la rights card, qui permet à ses porteurs d’être bien insérés socialement. Droit au travail, droit à la santé, droit à une protection législative et judiciaire, la base d’une société évoluée. Sauf que ce n’est pas ce qui intéresse Asano. Comme toujours, ce sont les laissés pour compte, les fêlés, les marginaux qui sont sa base.
La première scéne nous présente une mujina, une tueuse à gage, jeune, qui plonge du haut d’un immeuble pour aller attaquer un autre mujina. C’est rapide, c’est graphiquement sublime et ça insuffle un rythme super-rapide à la lecture.

En un premier chapitre de 40 pages, on a déjà des outcasts en combat, des membres qui giclent, du cul, de la prostitution enfantine, du sordide et de l’urbain, sans fioritures, ni complaisance.
Un graphisme parfait pour un scénario efficace
Design des personnages, décors urbains, découpage, rythme. Asano maîtrise toute la partie graphique à la perfection. C’est un régal pour les yeux. Il alterne scènes d’actions et dialogues, plans d’ensemble et très gros plans. C’est toujours très beau, jamais ennuyeux. Un bonheur.

Côté scénario, c’est plutôt cyberpunk. C’est traîté comme du polar dans un monde futuriste. On suit Ubume, mujina très puissante, mais un peu vieillissante, qui va devoir rivaliser avec Tenko, parfaite antagoniste, mujina, mais influenceuse (donc avec un pied dans le monde « légal »), jeune, intrépide, véritable tête à claques. En bonne héroïne de polar noir, Ubume est blessée et déchue : il va lui falloir remonter la pente. En victime collatérale, nous avons Juno, adolescente fugueuse, qui manque de justesse de se faire enrôler dans un réseau pédophile. Ironiquement sauvée par Tenko, Juno est recueillie, en même temps qu’Ubume, blessée, par Terumi Morgan, le « good guy » de service, célibataire, patron d’une boite de jeux vidéo.

C’est tout ce que je révèlerai, il ne s’agirait pas de spoiler l’oeuvre, mais je suis tombé sous le charme de cette nouvelle série. Certains se plaindront peut-être que l’intrigue est un peu trop simple pour un manga d’Inio Asano. Voyons le verre à moitié plein : pour ma part j’ai un peu de mal avec les histoires un peu trop tarabiscotées et perverses de l’auteur. Je préfère cet actionner un peu plus direct et très bien mis en scène dans un background complètement crédible. Ne pas oublier non plus que nous n’en sommes qu’au début de la série et que, connaissant l’auteur, tout peut déraper très vite, car il ne s’interdit jamais rien.
Un début fulgurant
Le tome 2 déjà évolue dans d’autres milieux tout aussi troubles (mais chut, je ne dis plus rien…)

Au final, une excellente introduction au monde des mujinas, des personnages attachants et hauts en couleurs, un dessin au sommet de ses capacités, je ne vais pas bouder mon plaisir et j’attends la suite avec grande impatience !



J’ai lu uniquement le tome 1, mais je n’ai pas accroché (surtout à cause d’une chose).
Au niveau de l’histoire on sent du potentiel et on suit ces personnages parias qui vivent grâce à des jobs ingrats, souvent en mode garde du corps ou chasseur de prime. L’action est omniprésente et leur mise en scène est dynamique.
Le graphisme est excellent. Mais les personnages ont un aspect juvénile. Ubume qui est sensée être « vieillissante », comme dit dans la chronique, ressemble à une ado de 16 ans.
Mais surtout, ce qui m’a fait décrocher, ce sont les scènes de se*e et de nudité. Elles sont souvent un peu gratuites et n’apportent pas grand chose à l’histoire (si ce n’est un côté encore plus sordide et décadent). C’est surtout le côté un peu vicelard de l’auteur qui s’exprime je pense.
Si j’ai l’occasion, je lirai le tome 2, mais je ne pense pas aller très loin dans cette série.
Je te comprends pas, mais je trouve que ça reste encore raisonnable dans ce début de série.
J’ai trouvé ça vraiment bien, rapide et immersif. Mais je connais l’auteur et je sais qu’on est jamais à l’abri d’un dérapage vers le total WTF. On verra bien…