Dans un monde où des monstres surgissent spontanément et ne peuvent être éliminés que par la magie, Magical Girl devient un métier essentiel et lucratif, géré par de grosses industries. Mais Magilumière Co. Ltd. est une jeune start-up qui veut travailler autrement. Elle recrute sa deuxième Magical Girl, Kana Sakuragi, notre héroïne.

Parution 5 tomes parus. Tome 6 : 22 août 2025
Format 127×180
Nb de pages 192
Collection Big Kana
Catégorie Action
Prix 8.10€
Sommaire de l'article
Vent de fraîcheur sur les Magic Girls
Sous une sage couverture pas très engageante, même si elle est descriptive, le premier tome de Magilumière est passé un peu inaperçu. Pourtant dès ce premier tome, le ton est donné. Nous allons avoir affaire à un manga de Magical Girls, mais…
Mais dans un monde très proche du nôtre à la différence qu’il est envahi par des monstres (jusque là, JJK, Kaiju 8 et bien d’autres sont passés par là dernièrement). Dans Magilumière, seules les Magical Girls sont en capacité de vaincre les monstres. Et, XXIe siècle oblige, le capitalisme est passé par là : ce sont des multinationales qui gèrent leur emploi et qui répondent au danger à la demande du public.
(MG = Magical Girl, à partir de maintenant, je ne mets plus que les initiales)

La jeune Kana Sakuragi cherche un emploi, avec difficulté malgré ses compétences. Elle va assister au combat d’une MG bad-ass : Koshigaya et se faire embaucher chez Magilumière. C’est une petite start-up à taille humaine : un patron, un coordinateur, une MG (deux, avec l’embauche de Kana) et un ingénieur informaticien.
Modern Magical
Informaticien ? Non, plutôt « ingénieur en magie » (« Informagicien », suggestion pour la traductrice 😉 ), sauf que c’est là que le scénariste s’amuse : la magie, ça se code à distance sur des ordis. Quand les sorts sont prêts, on transfère aux MG et c’est parti. Cela permet d’exploiter des personnages geeks au possible et de renouveler le genre.
Nikoyama, notre ingénieur est un parfait exemple du génie archi-timide qui ne se révèle dans sa splendeur que devant un clavier et un écran. Le soutien de premier plan de nos MG.

Un manga qui va en s’étoffant
Très honnêtement, le premier tome est une introduction sympa à l’univers et aux personnages, mais il n’emporte pas forcément l’enthousiasme. Mais Magilumière fait partie de ces œuvres dont le développement est essentiel.

Dès le tome 2, nos deux MG vont pouvoir en croiser une autre, employée par la plus grande entreprise de MG du Japon, AST. Et hop, une mesure de rivalité et de concurrence pour activer l’intérêt du lecteur.
Shigemoto, le patron de Magilumière, qu’on prenait pour un gentil rigolo, toujours habillé en MG, va se montrer à l’écoute et compétent. Et on va se rendre compte qu’il connait depuis longtemps le patron de la multinationale dominante. On devine une compétition très rude.

Ce qu’il y a de formidable avec cette histoire, c’est qu’à chaque péripétie, chaque nouveau personnage (et il y en a un ou deux par tome), l’univers s’enrichit un peu plus.
Par exemple, La prédominance des grosses entreprise n’est pas très ancienne et résulte d’un gros incident impliquant les pouvoirs publics. Les monstres deviennent plus puissants suite à l’augmentation des sorts utilisés contre eux, etc.
On est complètement dans un manga léger et divertissant, mais on pourrait le lire suivant une trame écologique malheureusement d’actualité : l’engrenage toxique des pesticides sur la biodiversité et la lutte des agrochimistes contre les défenseurs de la nature. Je ne suis pas sûr que ce soit réellement une coïncidence.
Cependant si on reste sur une lecture premier degré, on assiste à une lutte de la petite start-up, remplie de personnages sympathiques, enthousiastes, brillants et totalement solidaires les uns des autres, contre les cupides multinationales. Et c’est déjà pas mal.

Un dessin… magique !
Pour servir ce scénario excellent, il fallait un excellent dessin. Ca tombe bien : il est excellent ! L’ambiance est très classique, mais le chara-design est magistral. Aucun risque de confondre les personnages tellement ils sont bien définis. L’action est régulière, les cadrages dynamiques et puissants.
C’est un vrai délice pour les yeux, sans parti-pris prétentieux. Du bon dessin de manga, puissant et détaillé comme on l’aime. Et qui ne demande qu’à évoluer encore !

Une série vivement recommandée
Pour moi qui ai attendu d’avoir les 5 premiers tomes pour les lire, cette série constitue la bonne surprise majeure de ce mois de juillet. J’ai démarré gentiment ma lecture avant de tomber dans la spirale d’un scénario bien construit, de personnages attachants et d’un dessin délicieux.
Kana (l’éditeur, pas la personnage principale) nous donne ici un shonen pur, dérobant les Magical Girls au shojo pour les plonger dans une aventure qui ne demande qu’à gagner encore plus en puissance à l’aide des rivalités et complots que le scénariste dévoile intelligemment à chaque nouveau tome.
Du tout bon : je suis déjà accro.


