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Love not Dead, la BD d’un monde sans amour

Série : –
Titre : Love not Dead
Auteurs : Shyle Zalewski (scénario et dessin)
Éditeur : Delcourt
Collection : Pataquès
Année : 2025
Pages : 128
Résumé d’une histoire en quête d’amour :
Un homme se fait congédier de manière inattendue par sa copine, enfin, son ex-copine. Heureusement, il trouve refuge chez un couple d’amis. Ca le rassure, il pensait que l’amour était mort. Ses deux amis le regardent, étonnés : « L’a-quoi ? ». Notre héros se rend compte que plus personne, à part lui, ne sait ce qu’est l’amour ou même ne connaît ce mot. Que s’est-il passé ? Comment va-t-il réagir ? Et surtout, qu’est-ce que ça peut bien donner au quotidien, un monde sans amour ?
Le scénario d’une fable humoristique :
Une longue quête menée sur un rythme cadencé. L’histoire suit cette arche centrale : mais comment notre protagoniste va-t-il faire renaître l’amour dans ce monde (à moins qu’il ne change d’avis en cours de route, tout est possible) ? Mais elle avance en saynètes de une à quelques pages, nous offrant tout un panel de situations étonnantes, dotées de chutes basées sur un bon mot ou un silence.
Le récit est entrecoupé de pages reprenant situations classiques, scènes de films cultes, et les revisitant à l’aune de ce monde dépourvu d’amour. Ce qui donne quelques séquences irrésistibles et offre quelques pauses.
L’histoire est découpée en dix chapitres, portant tous le titre d’une chanson… avec le mot Love. L’occasion d’aller découvrir, ou de réécouter selon vos goûts musicaux, Johnny Cash, Les Ramones, Adam Green ou encore les White Stripes.
Ces têtes de chapitre présentent des décors d’intérieur ou d’extérieur, dépourvus de personnages. Quand on y revient, après avoir lu la BD, ces éléments prennent encore plus de sens.
Cette fable dystopique qui présente un monde bien triste est assez drôle, car elle prend aussi le contre-pied de ce que l’on pourrait attendre. Le monde sans amour n’est pas un monde en guerre où tout le monde se hait et se détruit, mais juste notre bonne vieille planète où les gens s’occupent principalement d’eux, et de satisfaire leur plaisir, sans chercher plus loin. Mais c’est dans ce monde que le héros de cette BD va aller de déconvenue en déconvenue. Comme dans toute bonne fable, nous ne saurons jamais le pourquoi du comment, mais cela n’a pas d’importance, car derrière cette quête de redonner vie à l’amour, se pose la question du bonheur. Finalement, l’amour est un mot, mais chacun ne vit-il pas l’amour sans forcément l’appeler par ce terme ? Couple, trouple, hétéro, homo, bi ou autre, il n’y a pas de combinaison idéale, juste des êtres humains qui doivent s’accorder pour trouver ensemble un petit îlot de bonheur en ce bas-monde.
Et qui dit amour dit aussi sexualité, qui n’est pas mise de côté dans cette BD, le protagoniste cherche l’amour mais certainement pas dans une relation platonique, comme le confirme les nombreuses scènes de sexe qui émaillent l’histoire.
Comme toute bonne fable, « Love Not Dead » propose en conclusion une morale que je vous laisse découvrir en lisant la BD.

Le dessin arrondi :
Shyle Zalewski écrit et dessine donc cette fable appelant à la tolérance. Son encrage net dessine ces personnages tout en rondeur. Les décors plus angulaires apportent un contraste visuel dans les planches. Les couleurs douces s’harmonisent tout au long de la BD. Les encarts verts des moments classiques de la mémoire collective revisités dans des versions sans amour se repèrent tout de suite.
Tout comme les belles à fonds perdu pas d’introduction de chapitre.
En parlant des pages, la narration s’effectue en planche carrées de quatre cases carrées (oui, la BD est au format carré). Mais de belles exceptions permettent de rompre la monotonie que peut amener ce gaufrier deux par deux. Parmi elles, je citerai la scène de la gifle, mais aussi le quotidien du trio formé par Lila, Adelphe et le héros raconté sur deux double pages remplies de cases de toutes dimensions se superposant les unes sur les autres, un beau moyen de récapituler une histoire naissante et son évolution sans aucun dialogue.
Conclusion d’une BD qui ne fabule pas tant que ça :
Cette BD nous entraîne dans un monde où l’amour n’a pas de place. On suit la quête de ce personnage principal qui tente de le remettre dans le coeur des gens et, mine de rien, on se creuse la tête sur ce qu’est l’amour, en définitif, pour nous qui vivons dans un monde où l’amour existe.
Zéda rencontre le héros de « Love not Dead » !





