J’ai adoré cette première compilation des premiers épisodes de notre rousse guerrière.
Evidement le style est typique des comics des années 70, le trait fin et précis, bien détaillé aux vignettes chargées.
Les couleurs sont vives et chatoyantes, lumineuses, avec des contrastes et des tonalités bien tranchés et distincts.
On distinguera aussi un énorme travail sur les hachures et l’encrage avec de superbes aplats pour bien accentuer les lumières.
J’aime aussi beaucoup les compositions imaginées très souvent bien complexes mais véritablement superbes afin que le lecteur en prenne plein la vue et veuille découvrir la suite de cette magie visuelle.
Le rythme endiablé des récits est porté essentiellement par le découpage particulièrement bigarré et intense.
On passe d’une pleine page à un gaufrier bien chargé ou à un enchevêtrement de cases. Cela donne une impression de chaos superbement orchestré pour notre plus grand plaisir car on ne sait plus où donner de la tête.
 |
| Page 9 de la BD |
La narration est aussi très intense et omniprésente, pratiquement chaque case possède une bulle ou une voix off. Encore un bel héritage de ces histoires à l’ancienne.
Chaque épisode est une histoire à part entière, sauf un qui est le début d’une histoire plus longue (dernier récit) …
Chaque scénario met bien en difficulté notre héroïne ce qui la rend à nos yeux, au final, très fragile et naïve (même si elle s’en sort à chaque fois…).
J’aime cet aspect humain donné à Red Sonja, loin de son assurance légendaire que l’on lui connait.
On appréciera aussi les apparitions de Conan le cimmérien dans quelques épisodes, le seul homme connu à la hauteur de la divine amazone qui, rappelons-le, est contrainte à accorder le plaisir de la chair aux seuls hommes capables de la battre en combat.
J’ai beaucoup apprécié aussi l’introduction de quelques pages signées par Roy Thomas qui exprime sa nostalgie de ces années fastes en créativité et en aventures extraordinaires.
Elle permet aussi de resituer la genèse de l’épopée Red Sonja, ou dois-je dire initialement « Sonya la rousse de Rogatine »…
C’est avec un peu de spleen que j’ai donc parcouru ces pages contant les aventures épiques d’une belle rouquine très peu banale.
Ces épisodes faisant écho aux comics de mon enfance, les souvenirs remontent… Mais que des bons souvenirs !
Voilà donc un premier opus qui séduira de toute évidence les passionnés de la première heure !