mardi 21 avril 2026

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La vie d’un super-vilain. Wanted & Big Game, de Mark Millar

Mark Millar est un auteur de comics qu’on ne présente plus. Parmi ses nombreux projets, qu’ils soient ambitieux (Superman Red Son, Civil War,…) ou plus simples (Super Crooks,…), ses scénarios sont toujours intéressants à lire et observer, comme les univers et les personnages qui les peuplent.

Le comics Wanted, parlant cette fois de super-vilains, possède des thématiques intéressantes et remettent en cause la nature d’un comics de super-héros. Du côté des méchants, pourquoi ces derniers continuent d’exister ? Qu’est-ce qui les définit en tant que protagonistes principaux ?

Il sera question d’un résumé de Wanted sorti en 2003, puis de sa suite Big Game en 2024, en ne dévoilant pas trop les enjeux.

Attention, certains passages choisis dans cet article ont un langage vulgaire.

Le most Wanted

Je ne suis pas une mauvaise personne en réalité. Je suis juste un mec ordinaire dans une mauvaise situation.

Des début houleux

Au tout début de Wanted, on voit Wesley comme un cadre de bureau insignifiant, ayant un quotidien des plus pourris. Se faisant trompé, insulté et humilié (dans cet ordre-là), il se retrouve dans une impasse. C’est sa rencontre avec Fox, une super-vilain qui le sort brusquement de sa petite vie. Lui annonçant que son père, le Killer, était lui aussi un super-vilain, d’ailleurs un des plus grands criminels de tous les temps.

monologue de Wesley, Wanted
Wesley Gibson en train de s’apitoyer sur son sort.

On voit du coup la « transformation » de Wesley à travers épreuves et contrats d’assassinats, lui faisant perdre toute peur et culpabilité envers les humains pour gagner en force et dangerosité. Afin de devenir le nouveau Killer.

Un univers racinant et bien raconté

Le comics qui a lancé le « Millarverse » avec tous ses super-héros et criminels imaginé par Millar, nous raconte la genèse du nouveau Killer. Il nous fait immerger dans un univers fascinant où les super-héros n’existent plus. Ils ont tous été supprimés par les super-vilains qui se sont tous ralliés. Ces derniers se sont constitués un groupe nommé la Fraternité pour gérer leurs affaires à l’abri des regards. On suit surtout Wesley en train de chercher le responsable de la mort de son père, qu’il n’a jamais connu.

Bienvenue dans la fraternité, Wanted
Bienvenue dans la Fraternité

Au dessin, J.G Jones nous sort une palette de super-criminels, en plus de donner du piquant dans les scènes d’action. Certaines scènes vont de paires avec la vulgarité des dialogues. Car oui, Wanted est vulgaire. Dans les visuels comme dans les dialogues. Sans jamais être obscène. L’encrage est quant à elle bien travaillée.

Réunion, Wanted
Une réunion tendue entre les maîtres du monde.

Millar a voulu cette vulgarité, elle a un but. Nous présenter les super-vilains tels qui sont. Dont une partie d’entre eux veut renouer avec leur barbarie. Certaines pages de Wanted nous montre des moments de vie de ces super-vilains. Ce qui nous fait attacher à eux.

Méchant pour être méchant : un peu hypocrite ?

Fatigués de combattre tout le temps les justiciers, les super-vilains veulent juste vivre leur propre vie. En prenant les rênes du monde, cette liberté totale qu’ils ont revient à agir comme ils l’entendent. Être méchant aux yeux des autres. On peut dire que c’est dans leurs gènes. Quitte à s’enfermer dans ce qui semble être leur rôle, comme une étiquette qu’on donne aux personnages des comic books et aux superhéros. Pour en revenir à Wanted, Wesley réalise juste après quelques péripéties qu’être méchant pour être méchant paraît forcé.

Discipline, Wanted
À quoi ça sert d’être méchant pour être méchant ?

Place au « Big Game »

Un blockbuster explosif

Après plusieurs comics de son univers (Nemesis, The Magic Order, The Ambassadors, Chrononauts,…) dont certains ont eu droit à leur adaptation en film comme Wanted (Kingsman, Kick-Ass,…), Millar revient sur son personnage du Killer avec Big Game. Cette fois, lui et sa Fraternité va être confronté à de nouveaux héros. Considérés comme de la mauvaise herbe, ils les éliminent un par un.

Wesley, Big Game
Wesley Gibson, le Killer, avec une barbe à la Fu Manchu.

Ce comics reprend la violence graphique de Wanted, en réutilisant des éléments narratifs propres au comics comme le voyage dans le temps. Conçu comme un blockbuster, c’est un cross-over explosif que nous offre Millar avec le dessin de Pepe Larraz. Il réutilise une grande partie des personnages de son univers. Et tous les livres du MillarVerse ne sont pas nécessaires de les lire avant Big Game. On sent au fil des pages qu’on veut en savoir plus sur certains personnages. Je pense à ceux des Ambassadors et The Magic Order.

Kickass, Big Game
Kick-Ass, l’anti-thèse du Killer ?

Devenir le méchant de service

Wesley Gibbons, aka le Killer, n’est plus l’anti-héros mais l’antagoniste de cette BD. On aurait eu droit a un retournement de situation intéressant. Sans trop dévoiler le climax, le personnage rappelle à ses adversaires comme quoi il est fier de ce qu’il est devenu, alors qu’il enviait les justiciers par le passé. Ce n’est sans compter le contexte dans lequel il a vécu son enfance. Ainsi que certains éléments du scénario de Wanted qui rendent le tout problématique.

Je m’explique. Dans Wanted, Wesley saura que son père l’a abandonné pour ses projets de super-vilain. Que sa mère l’a élevé mais en faisant en sorte qu’il ne se défend pas, ni ne renvoie les coups. Évidemment au sein de la Fraternité, il apprendra a être violent et haïr la race humaine. Mais ce n’est sans oublier que c’est pour trouver un sens à la vie.

Passé de Wesley, Big Game
La légende du Killer.

Conclusion

C’est plutôt ça la différence entre Wanted et Big Game. L’écriture du personnage de Wesley Gibson. Si dans le premier il incarne un anti-héros résilient sous une forme brutale, dans le deuxième comics il est déjà au-dessus de tout. Ce n’est plus qu’un antagoniste, certes inatteignable. Mais qui n’a plus rien de quoi surmonter. Parce que c’est devenu le méchant principal.

Choix dans la vie, Wanted
Qu’est-ce que la vie finalement ?

Bref, un duo de comics, à la fois vulgaire et divertissant, qui offre une réflexion sur les super-vilains et leur lien avec les justiciers d’autrefois comme ceux des nouveaux.

Et vous, que pensez des super-vilains de manière général ? Ont-ils une place particulière dans les comics aux côté des super-héros ? Sont-ils l’incarnation d’un mal, ou désirent-ils simplement vivre leur vie sans rendre compte à personne ? Avez-vous d’autres lectures à conseiller à part Wanted et Big Game ?

N’hésitez pas à commenter et partager. Je vous dis à bientôt pour de nouvelles chroniques.

Portez-vous bien.

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