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7 JANVIER 2026 – JOURNÉE BD
Le 7 janvier 2015, un groupe de terroristes faisait irruption dans les locaux de Charlie Hebdo et ouvrait le feu sur des hommes et des femmes employé·es du journal satirique. La France est endeuillée et pleure ses disparus, « nous sommes Charlie » résonne encore. Ce n’est donc pas un hasard si 11 ans plus tard, motivée par l’absence du Festival International de la BD, la radio France Inter dédie cette journée au 9ème Art et l’intitule « INITIALS BD ».
Profitant du 8ème prix de la BD Fnac – France Inter, la journée spéciale BD s’ouvre dès le journal de 8h avec l’annonce du lauréat.
Jouant le jeu dans toute sa programmation, chaque émission quotidienne de France Inter se fait avec une thématique tournant autour de la BD. De plus elle peut se vanter d’invités prestigieux tout au long de la journée. Cette programmation est à retrouver en replay sur l’application Radio France ou via le lien ci-dessous.
https://www.radiofrance.fr/franceinter/initials-bd-france-inter-fete-la-bande-dessinee-1970316
Pour parfaire cette journée consacrée à la bande dessinée, deux grands événements, sous forme de Masterclass, vont donc prendre place au studio 104 de la Maison de la Radio.
Masterclass « FRENCH MANGA » pour Initials BD
La Masterclass « MANGA FRANÇAIS » présentée et animée par Laëtitia Gayet qui met à l’honneur le format manga. Ou format hybride comme le rappelle « Guillaume Singelin », dessinateur de « Shin Zero », paru aux éditions Rue de Sèvres sous le Label 619, avec Mathieu Bablet au scénario.
Jeunes auteurs ou vétérans du manga français sont invités à discuter de leurs débuts, leurs aspirations, leurs façons de travailler et leurs visions du marché français.
Jenny, autrice et dessinatrice de Shojo français depuis les années 2006, chez Delourt/Tonkam et Reno Lemaire, créateur de la série « Dreamland » depuis 2005, chez Pika Éditions, racontent les premiers obstacles. De plus, ils nous confient ce qui a évolué depuis 20 ans dans l’accueil du lectorat français autour de leurs séries.

En parallèle, Yoann Vornière, le jeune créateur de la série « Silence », chez Kana, reconnait l’accessibilité et l’intérêt de ce format auprès des lecteurs et lectrices de France. Sans omettre la difficulté de se faire une place, l’importance des réseaux sociaux pour promouvoir son travail ainsi que la présence constante et nécessaire dans les salons ou événements dédiés à la culture Manga.
De l’autre côté de la table, Mathieu Bablet et Guillaume Singelin, invités pour leur album commun, relatent comment la bande dessinée franco-belge et le manga japonais ont pu nourrir leurs inspirations. Comment, également, l’un et l’autre se développent de concert. Format hybride pour plaisir multiforme.
Un échange riche et pertinent qui rend hommage à toutes les formes de ce médium. Ainsi qu’à toutes ses palettes d’expressions qui ont amené le manga français à se frayer une vraie place sur le marché éditorial français. Auteurs et autrice dressent un constat juste et actuel en valorisant la pluralité des formes narratives à dispositions.
Masterclass « Exclusivement Féminin » pour Initials BD
Eva Bester amorce cette masterclass en abordant son titre plutôt mal choisi. Elle regrette un nom qui exclut là où les autrices cherchent l’inclusion et l’égalité.
5 autrices sont regroupées autour de l’animatrice de la 20è Heure pour faire un bilan de leurs carrières, leurs militantismes et porter un regard croisé sur les femmes dans la bande dessinée : Florence Cestac, Nine Antino, Marion Montaigne, Florence Dupré La Tour et Sixtine Dano.
5 autrices de carrières bien différentes, de plusieurs générations et d’horizons bien divers mais toutes animées par des volontés communes de changement. Les questions abordées sont multiples. On y questionne la BD dite féminine, le festival d’Angoulême, être femme dans le milieu de la BD et leurs différentes inspirations.

Florence Cestac, doyenne de cette table ronde revient sur son prix d’Angoulême, sur son succès du « démon de midi ». Comment les femmes qui n’étaient pas trop lectrices de BD se sont reconnues dans cette histoire. La façon dont elle a fait changer quelques lignes et les évolutions heureuses qu’elle peut constater depuis des décennies.
Avec toute l’intelligence et l’humour qui caractérisent ses récits, Marion Montaigne revient sur les clichés qui continuent d’entourer son dessin et la façon dont on l’imagine. Elle parle de l’importance de faire passer ses messages avec le ton caustique qu’on lui connait et qui lui offre le recul nécessaire pour affronter des sujets parfois austères ou difficiles.
Sixtine Dano, la plus jeune autrice présente, explique l’importance de son militantisme dans son œuvre, dès le début. Elle prouve que la nouvelle génération est impliquée, informée et combative. Elle conclut en disant que le travail précédent de ses consœurs payent déjà car elle est arrivée à ses premières dédicaces, début 2025, entourée et avec le sentiment sororal d’être protégée.
Aussi, Eva Bester pose la question de l’ambivalence dans les albums respectifs des autrices. Nine Antico ne manque pas de noter que l’empathie et la sensibilité féminine permettent d’analyser avec vivacité et pertinence toutes les facettes du bien comme du mal des sujets traités.
Florence Dupré La Tour relate des situations extrêmes de sexisme qu’elle a pu vivre au début de sa carrière ainsi que toutes les entraves pour une femme qui souhaite exister dans ce milieu. Mais elle constate avec bonheur, la bienveillance et la sororité qui émanent aujourd’hui de nombreuses festivalières. Elle revient également sur les états généraux de la BD dont les résultats d’études seront bientôt divulgués. Cette étude relaye la précarité financière (entres autres) des auteurices BD et qui touche plus fortement les autrices.

Un peu plus d’une heure d’entretien d’une grande intelligence et d’une grande résonnance actuelle. Des personnalités diverses qui témoignent du changement en place dans la sphère féminine de la BD mais des combats qui continuent de se jouer et qui ne sont pas encore gagnés. Avec pertinence et clairvoyance, elles font un constat fidèle et optimiste de la légitimité et de l’importance des autrices à militer et créer.
Les 2 Masterclass sont à retrouver sur Youtube ou via le lien ci-dessous :
https://www.youtube.com/watch?v=FwlZluamKoM
PRIX BD FNAC FRANCE INTER 2026
Annoncé en direct sur France Inter par Rebecca Manzoni, le 7 janvier, à 8H, l’album lauréat est « SOLI DEO GLORIA ».
Il a été départagé par un jury de lecteurs et lectrices et un comité de journalistes et libraires parmi 20 albums. Une sélection éclectique de haute volée où figuraient de nombreux coups de coeur de l’équipe.

« Soli Deo Gloria » écrit par Jean-Christophe Deveney et dessiné par Edouard Cour, publié aux éditions Dupuis s’est fait remarqué par sa grande maestria et le ton unique qui l’habite.
Un récit baroque d’un grand lyrisme qui suit la vie de 2 enfants jumeaux virtuoses de la Musique. Une narration sous forme de grande épopée qui traverse les années et la grande musique. On y retrouve des figures familières qui ont révolutionné les arts et des lieux emblématiques de la Musique du 19e siècle. Pourtant cet album n’est pas figé dans le temps ni l’espace et le passionné comme le novice pourra être touché par l’universalité de cette œuvre.
Car la Musique n’est que le décorum d’un récit intime qui questionne la dualité, le bien et le mal, la finalité des moyens, nos forces et nos bassesses.
Prouesse graphique, les illustrations en Noir et Blanc intenses, proches de la gravure se retrouvent sublimées par la musique qui traverse les pages. Seules touches de couleurs, les notes et les partitions qui font vibrer le récit d’un tempo puissant. Difficile de rester insensible à la beauté et la poésie qui vivent entre ses pages. Une récompense méritée pour un album qui va faire date dans le cœur de ses lecteurs et lectrices.

C’est donc avec la cérémonie de la remise du prix BD Fnac France Inter 2026, à la maison de la Radio, que s’est achevée cette journée entièrement dédiée au 9ème Art, nommé « Initials BD ».
La soirée s’est déroulée dans une ambiance festive et chaleureuse où étaient conviés les membres du jury, la presse, auteurs, autrices et maisons d’éditions.
Nous félicitons les lauréats de ce titre et notons, en conclusion, que « Soli Deo Gloria » a également obtenu le prix BDstagram 2025, un titre élu par une communauté de lecteurs et lectrices sur Instagram. Plus d’infos sur la page du prix : https://www.instagram.com/prixbdstagram/
Marion
https://www.instagram.com/marionbdaddict/


