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Des Assassins, la BD sino-historique

Série : –
Titre : Des Assassins
Auteurs : Chen Uen (scénario et dessin)
Editeur : Patayo Editions
collection : –
Année : 2020
Pages : 168
Résumé d’une BD d’action, mais pas que :
Septième siècle avant J.C., Chine. Dans l’état de Lu, lors d’un tournoi martial où des combattants doivent prouver leur force en soulevant une énorme cloche de métal, un incident se produit, une avalanche. Cao Mao surgit et protège le duc Zhuang avec un immense tronc d’arbre qu’il place comme une poutre de protection. Cao Mao est engagé par le duc pour mener ses armées, mais la chance ne sourit pas au héros qui perd trois grandes batailles d’affilée…
Le scénario d’un récit consigné dans les annales historiques de la Chine :
Plutôt, devrais-je dire, cinq récits. En effet, Chen Uen se base sur les « Mémoires historiques » de Sima Qian (145-86 avant J.C.), historien ayant vécu sous l’époque de la dynastie Han. Dans ses mémoires, il consigne les actions d’éclats de cinq assassins, qui ont changé, ou failli changer le cours de l’histoire. Il ne met pas en avant l’assassinat en lui-même, mais les vertus de loyautés de ces personnages qui sont allés jusqu’au bout de ce qu’ils pensaient être juste.
Ces éléments ont donné naissance à la tradition littéraire des histoires de chevaleries, nommé Wu Xia en Chine, comme l’explique Marie Laureillard dans l’introduction de ce livre. Car ce recueil ne se contente pas de réunir ces cinq histoires, il y ajoute cette préface très instructive, ainsi que les extrait des mémoires de Sima Qian, traduit en français, que Chen Uen a adapté en BD. Il contient aussi un texte sur la carrière de Chen Uen rédigé par Laurent Mélikian et deux autres histoires de cet artiste, « Le dernier Combat » et « La légende de l’immortel à l’épée ». Autant dire que ce pavé de plus de cent-soixante pages a beaucoup de choses à vous apprendre, tout en cédant la place aux magnifiques dessins de Chen Uen.

Le dessin d’un retour aux sources :
Chen Uen est un dessinateur de talent. Feuilletez cette BD permet de le comprendre rapidement, et les extraits de ses autres créations, illustrant le texte de Laurent Mélikian, ne peuvent que le confirmer. En plus d’être un artiste doué et travailleur, c’est aussi un créateur qui repousse les limites. Il utilise différentes techniques. Ainsi, pour cinq assassins, il s’est mis à l’encre noire et de couleurs pour retrouver une touche traditionnelle convenant à ces histoires ancestrales.
Ces pages, comportant pue de dialogues, laissent s’exprimer le pinceau. Finesse des traits, éclaboussures de couleur, mélange de technique humide et sèche, motif géométriques de vêtements et nappes de couleurs brumeuses. Autant d’effets dont le mélange saute aux yeux et rend chaque planche éblouissante. De plus, Chen Uen opte pour un trait réaliste pour dessiner hommes, chevaux et bâtiments.
Ce dessinateur de Taïwan, trop tôt disparu, nous laisse ces nombreuses BD, dont l’édition de qualité de cette adaptation des mémoires de Sima Qian n’est qu’une partie invitant à découvrir le reste de son œuvre.
Conclusion d’une BD aux fulgurances graphiques :
Des Assassins nous offrent un voyage dans l’histoire chinoise, à l’origine de la tradition du genre du Wu Xia. Certaines des histoires de cette BD ont été adaptées en film, comme « L’empereur et l’assassin » de Chen Kaige qui reprend l’histoire de King Je.
Zéda croise Cao Mao.



