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Arkham Mysteries T2, l’ombre de Dagon, la BD doublement Lovecraftienne

Série : Arkham Mysteries
Titre: T2, l’ombre de Dagon
Auteur : Richard D. Nolane (scénario), Manuel Garcia (dessin), Alex Guimaraes (couleur) et Niclk Percival (couverture)
Editeur : Soleil
Collection : Fantastique
Année : 2025
Page : 56
Résumé d’une nouvelle aventure horrifique :
Le Professeur Armitage, de retour d’un voyage en Mongolie, souffre d’un tatouage apparu sur son dos. Le dessin étrange semble se développer dans des douleurs atroces que seul l’alcool apaise. Heureusement, Armitage n’est pas seul, il peut compter sur la journaliste Skylark Duquesne et son ami, le mystérieux Howard Lovecraft ! À Arkham, le trio doit faire face à un phénomène étrange impliquant les âmes perdues de la ville, enfermées dans un asile ou errant sans but dans les rues. Sans but, vraiment ?
Le scénario d’une BD pas si horrifique que cela :
L’histoire a un bon potentiel, mais je vous recommande sérieusement de relire le tome précédent pour mieux comprendre ce qui se passe. En effet, il y a eu un gap de trois ans entre les deux histoires, c’est donc parfois difficile de se remémorer les événements précédents. Surtout pour une histoire lovecraftienne, où chaque petite pièce peut avoir son importance dans le grand puzzle de l’intrigue.
Au cœur d’Arkham, une horreur rôde, schéma classique, me direz-vous, mais cette fois-ci, ce n’est pas devant l’incrédulité des forces de l’ordre que les protagonistes doivent lutter, bien au contraire, ils voudraient éviter que la folie se répande, mais les policiers n’ont pas l’intention de regarder ailleurs, et même la police d’état semble curieuse de découvrir ce qui se passe !
Comment préserver les secrets blasphématoires que l’humanité ne doit pas connaître ? C’est une des questions que devra résoudre le trio. Malheureusement, on ne s’inquiète pas trop de sa survie, ce qui est dommage pour une enquête se déroulant dans l’univers du Mythe de Cthulhu. La force d’une histoire lovecraftienne est de mettre en danger ses personnages, de les pousser jusqu’à la folie ou la mort. Dans ce récit, la puissance occulte est bien présente, mais ne s’attaque pas aux héros.
Par contre, c’est réjouissant de voir Lovecraft présent dans une histoire du mythe. Le scénariste Richard Nolane joue avec ce personnage réel introduit dans cette fiction horrifique. Mais c’est là où le dessin pose un petit souci…

Le dessin aux visages compliqués :
Manuel Garcia dépeint une ambiance sombre et pose la montée de l’angoisse au travers de ses cases. Mais au niveau des visages, par exemple, il est difficile de reconnaître Lovecraft d’une case à l’autre. Les costumes sont parfois les seuls éléments qui m’ont permis de vraiment identifier quelqu’un. J’ai trouvé cela dommage, car ça me coupe de l’histoire, qui peut s’avérer entraînante.
Là encore, les menaces archaïques issues du Mythe créé par Lovecraft rôdent dans un dessin dense, et à côté de cela, plusieurs clins d’œil sont faits à la vie de Lovecraft, comme le petit restaurant où il dîne, portant le nom d’un de ses amis écrivains, Frank Belknap Long. J’ai trouvé la fin un peu étonnante aussi. Mais je ne peux vous révéler pourquoi, car ce serait vous dévoiler la chute, ce qui serait dommage.
Conclusion d’une BD doublement cthulhienne :
En effet, le récit est cthulhien parce qu’il implique le mythe, et doublement ctulhien puisqu’il met en scène le créateur du mythe. Une très belle idée, mais le dessin des visages n’aide pas à s’immerger dans ce récit étrange, qui trouvera sa suite dans le troisième tome. Espérons qu’il ne faille pas attendre encore trois ans pour le lire !
Zéda face à Seth Armitage…



