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mardi 23 mai 2017

Pop Memories de Cathy Karsenty, la chronique Di Dou Bi Da da !

couverture de "POP MEMORIES" de Cathy Karsenty chez Delcourt
Titre : Pop Memories
Auteur : Cathy Karsenty (scénario et dessin)
Editeur : Delcourt
Collection : tapas
Année : 2017
Page : 104


Résumé :
Je me souviens... Au rythme de cette phrase qui démarre chaque page de l'album, c'est un souvenir musical qui remonte à la surface. Se déclinent ainsi tout un tas de réminiscences, des instantanés de vie liés à des chansons et à des musiques.

Mon avis :
Et pour que nous ne soyons pas perdus, Cathy Karsenty nous offre en fin de ce petit volume la playlist des morceaux évoqués au gré des pages de ce voyage dans le temps.
Cette énorme et beau paquet de madeleines de Proust m'a ramené des années en arrière, et en découvrant les souvenirs de la petite héroïne sautillante et pétillante, j'ai replongé également dans mes propres souvenirs musicaux.
Ce recueil est à savourer sans modération car certes il se lit vite mais un second plaisir surgit à la relecture, au feuilletage du livre qui vous offre au détour d'une page un moment, une image dessinée sur le vif, croquée à partir du passé.
La musique fait le liant entre tous ces souvenirs car c'est toujours effectivement une chanson, dont un extrait des paroles nous est livrée sur la page - et si vous ne connaissez pas la totalité des artistes évoqués, ce n'est pas grave – qui expose une situation qui, elle, pourrait vous paraître bien familière.
Je pourrais préciser que ce voyage temporel m'a fait bondir au cœur des années quatre-vingt - mais pas que... - et que cette petite playlist apportée à la fin de l'album m'a donné envie d'aller faire un tour sur le net pour découvrir ces morceaux à côté desquels je suis passé. D'ailleurs, c'est précisé maintenant !

Mais à côté de ces petites pépites d'humour et de tendresse, c'est le dessin qui fait également mouche. Croquée sur fond blanc, notre charmante héroïne, donc, est stylisée avec talent. Quelques traits noirs lancés sur la page pour cette touffe ébouriffée et posée comme des fraises sur un gâteau, quelques éléments dessinent une silhouette qui prend vie sous nos yeux au fil des pages.

page extraite de "POP MEMORIES" de Cathy Karsenty chez Delcourt
 Moi, je m'en souviens aussi de Chi Mai, morceau lié pour ma vie à Belmondo, fauché par une balle, qui s'écroule au ralenti au pied d'un hélicoptère

Beaucoup de noir et blanc, mais rehaussé par quelques touches de couleur, comme la perruche verte pour ne citer qu'elle. Ceux et celles qui se souviennent de « La Notte La Notte » verront de quoi je parle. Un petit format permettant de mettre un à plusieurs dessins par page mais surtout, pas de case et pour le coup, la couverture est l'exemple type de ce que vous allez trouver dans ces pages. La situation est on ne peut plus universelle, enfin, pour ceux qui ont grandi dans ces années folles. Vous n'avez jamais dû rembobiner une cassette qui s'est coincée dans un lecteur en vous aidant d'un crayon ?
Moi aussi, je me souviens avoir rangé mes CD par couleur et ces bandes colorées sur l'étagère, d'ailleurs, font intégralement partie du souvenir. Si la musique est à l'honneur, cela implique, bien sûr, que la danse n'est pas en reste. Même si elle n'est pas omniprésente, elle intervient tout d'un coup dans une page, un pas rapide, le rappel d'un jeté-sauté-plié, des sauts de joie.

Ces souvenirs ne sont jamais recontextualisés dans une date, vous ne trouverez donc pas de repère temporel. Et du coup, aucun point d'actualité, on voyage de manière totalement achronologique, guidé non par le chemin temporel linéaire mais par les sauts de mouton que permet l'effet madeleine de Proust, et mené par cette petite phrase, gimmick vocal, "Je me souviens...". Ces souvenirs relèvent autant de l'intime que de l'universel, de la tristesse d'évoquer un absent que du souvenir de vacances, du constat du temps qui passe entre deux moments pourtant parallèles que d'une rencontre improbable. Certes, l'absence d'actualité peut sembler étrange, au moins pour moi, car dans ma tête, mes années quatre-vingt portent la marque de quelques grosses catastrophes. Dieu seul sait pourquoi mais l'album Trois d'Indochine est lié àu nuage radioactif de Tchernobyl et autour du Je te donne de Goldman et Jones flotte la découverte du sida.
Tiens, ça me fait réaliser que c'est peut-être pour cela que l'année des 30 ans de Tchernobyl, je me suis mis à réécouter du Indochine ! Comme quoi, les pop memories ont des retombées parfois bien curieuses.
En tout cas, "je me souviens..." qu'il faut que je vous dise d'aller faire un tour dans la BD de Cathy Karsenty. Un petit tour auquel j'ai pris énormément de plaisir, qui se veut justement pop dans le sens musical du terme, des musiques enjouées, qui restent quelque part dans la tête, colorées, vibrantes et source de souvenirs... pop !


Zéda se souvient aussi...

"SOUL MAN", strip de Zéda pour illustrer chronique 7BD sur "POP MEMORIES" de Cathy Karsenty chez Delcourt

Zéda n'a pas réalisé que tout cela sonne plutôt seventies, voire sixties, et pas vraiment eighties...

David 
 
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