dimanche 29 janvier 2023

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Eden Tome 1 – Le visage des Sans-noms de Carole Maurel et Fabrice Colin

Eden tome 1 le visage des sans-noms Rue de Sèvres
Série : Eden
Titre: Tome 1 – Le visage des sans-noms
Auteurs: Fabrice Colin (scénario) et Carole Maurel (dessin)
Éditeur: Rue de Sèvres
Année: 2018
Nombre de pages: 66

Résumé :
Dans un futur peu réjouissant, dans la ville de Phoenice, anciennement San Francisco, suite à un terrible tremblement de terre, la société se divise en caste. Il y a ceux de la caste « dominante » vivants dans les quartiers surplombants au cœur de la ville, dans une sorte de forteresse, et détenant tous les pouvoirs, puis il y a les castes du bas (ouvriers, soldats, nourrisseurs et déclassés) vivants dans le reste de la cité.
Jonas, 14 ans et ouvrier 6 jour sur 7, passe son temps libre à étudier pour réussir à être admis au concours qui peut faire de lui un élu de l’Eden.
Hélix, 15 ans, sa sœur ainée, a déjà réussi son « ascension » et vit à présent derrière les murs idéalisés, coupée du reste de sa famille.
Celle-ci prend le risque, un soir, de sortir discrètement de l’Eden pour avertir Jonas que le fameux concours n’est finalement que de la poudre aux yeux, mais il ne faut pas qu’il y renonce…
Jonas commence donc à mettre le doigt dans un engrenage qui lui révèlera bien des secrets, et devra ainsi les préserver.


Mon avis :


Voilà donc la
troisième BD de Carole Maurel que je lis, et j’apprécie toujours autant son
style de dessin qui convient à bon nombre de récit de la fiction, à l’humour,
en passant par des extraits de vie etc….


Et Dieu sait que
j’aimerai en lire d’avantage !


Cette nouvelle
histoire, signée Fabrice Colin, est une aventure de science-fiction post
apocalyptique probablement inspirée de nombreux autres créations du genre, mais
qui se démarque tout de même par l’élégance des mises en scène et surtout la
rapidité pour rentrer dans le vif de l’action.

Eden tome 1 le visage des sans-noms Rue de Sèvres page 15
Page 15 de la BD

Le dessin :

Le style de Carole Maurel, semi-réaliste, me plait beaucoup.
Elle a le trait vif, saccadé, anguleux, rageur mais restant  admirable et beau, limite poétique… Tout un art et surtout une drôle d’impression bien agréable.
Ne cherchez pas non plus les détails dans les mises en scène, l’autrice s’engage à l’essentiel dans toute sa simplicité, les vignettes sont bien épurées.
Mais cette rusticité ne gâche rien, bien au contraire, elle renforce le charme du récit et développe l’imagination du lecteur.
Les personnages sont attachants et emplis d’humanité, malgré le contexte dystopique du récit. Cela facilite évidement notre projection dans l’histoire, et donc ainsi rejoindre plus facilement la cause des protagonistes.
Les couleurs sont superbement choisies, ni trop sombre, ni trop claire. Un juste milieu qui apporte une chaleur importante et un confort de lisibilité.
Les mises en scène, perspectives et effets sont superbement maîtrisés et travaillés à tel point que l’on n’y fait presque pas attention !
Mais attention, ne vous y méprenez pas, ses beaux dessins cachent un véritable côté obscur. Ils nous mentent !
Nous partons bien d’une base « catastrophique » et non « utopique ».
L’environnement de nos héros n’est absolument pas enviable.
Carole Maurel subjugue son dessin afin de nous mettre à l’aise et de nous « entourlouper », et la fin de ce tome présage d’évènements redoutables encore à venir.
Bref, cette dessinatrice excelle dans son art, et ce pour notre plus grand bonheur !

Eden tome 1 le visage des sans-noms Rue de Sèvres page 11
Page 11 de la BD

Le scénario :

Fabrice Colin, écrivain ayant écrit de nombreux romans de littérature de l’imaginaire, Fantasy et Science-fiction, nous livre ici un joli scénario encore SF.
Bien que l’on puisse y voir des ressemblances avec des œuvres telles que Hunger Games, Divergente ou Le Labyrinthe, l’univers semble tout de même plus chaleureux et moins chaotique.
Le système de caste se prête bien à ce genre de récit révolutionnaire.
D’autres part, l’auteur s’est aussi surement inspiré des castes indiennes Varna (prêtres et enseignants, gouvernants et guerriers, artisans et marchands, ouvriers et serviteurs, et pour finir les intouchables…), pour décrire son monde.
Le talent de Fabrice Colin réside aussi dans le fait qu’il ne nous fait pas poireauter, et il rentre rapidement dans le vif de l’action et le cœur du sujet.
Ainsi on comprend rapidement que quelque chose cloche dans cet Eden, et que ce fameux concours n’est que mensonge et supercherie, mais dans quel but ?
Tel est le mystère, et mystère il restera à la fin de cet album… Ce qui nous languit donc de lire la suite !
Le découpage est bien fait, ni trop surchargé de vignettes, ni trop peu, avec en moyenne 6 cases par pages.

Eden tome 1 le visage des sans-noms Rue de Sèvres page 12
Page 12 de la BD

Pour finir, ce livre est d’un bel ouvrage autant par son côté matériel (la qualité des BDs de Rue de Sèvres est superbe, et juste indiscutable !) que par le contenu bien fignolé par le binôme d’auteur/trice.
Une belle lecture dont on espère la suite rapidement !

Ciao,
Yann

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Yanndallex
Yanndallex
Je suis évidemment un passionné de BD depuis ma jeunesse. Un malheureux accident de vélo ma valu quelques jours d’hospitalisation. Ainsi ma famille, pour me faire passer le temps à l’hopital, m’offrit des exemplaires de la série des Tuniques Bleues. Cette série a été une révélation ! J’étais émerveillé de pouvoir lire des histoires humoristiques liées à des évènements dramatiques (la guerre de sécession, le racisme etc…). Je me régalais à suivre les aventures de mon personnage favori le caporal Blutch. Puis vint la pleine adolescence pour découvrir des séries plus sérieuses, ou toujours humoristiques, d’héroïque fantasy, SF ou policières (XIII, Thorgal, la quête de l’oiseau du temps, le grand pouvoir du Chninkel etc…). J’y ai découvert ainsi des styles graphiques plus travaillés, détaillés, réalistes, poétiques etc… une deuxième révélation pour m’ouvrir progressivement à la bd adulte. A ce jour j’aborde chaque nouvel ouvrage comme une surprise, une promesse d’une belle histoire, que l’on aime, ou que l’on n’aime pas. J’ai pris conscience au cours des années qu’une histoire illustrée de 48 pages, ou plus, n’était pas si facile à créer de manière scénaristique mais surtout graphiquement. Le talent n’est pas inné, et à chaque vignette, je contemple d’autant les années de travails des auteurs. J’admire les techniques graphiques (que je ne soupçonne parfois pas du tout), les choix de couleurs ou du noir et blanc, le travail sur les mises en lumière, la conception des mises en scène, le choix des plans, des effets, des perspectives, le découpage élaboré, les transitions des plans séquences etc… Bref mon œil s’est avisé, mais je n’en reste pas moins admiratif du travail réalisé et des sacrifices réalisés par chaque artiste pour offrir du plaisir à son lectorat, et cela même si l’histoire ne m’a pas forcément plu. J’aime aussi souvent à chercher d’où a pu venir l’idée de l’histoire, très souvent inspirée de fait divers, ou de l’histoire avec un grand H. Je suis aussi toujours émerveillé par la diversité des sujets traités par ce média. Cette disparité permet des livres souvent très intimes avec des témoignages poignants et durs, mais aussi de s’enrichir culturellement, s’ouvrir à des expériences inattendues, parfois loufoques et hilarantes, etc… Et elle nous promet encore de grande œuvres !!

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