vendredi 12 août 2022

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Soeur Marie-Thérèse des Batignolles, T1 de Maëster

Soeur Marie-Thérèse des Batignolles de Maëster, couverture pour chronique 7BD
Titre:
Sœur Marie-Thérèse des Batignolles
Auteurs
: Maëster (dessin et scénario)
Editeur :
Fluide Glacial
Année :
1989

Résumé :

La
vie simple et douce de la délicate Sœur Marie-Thérèse des
Batignolles se résume aux plaisirs pieux de la vie: convaincre son
mari Portugais Jésus de lui faire l’amour, rouler en paix son
pétard, distribuer quelques taloches pour ramener un peu d’ordre
autour d’elle, surtout quand il s’agit de petits enfants mal élevés
à remettre au pas…

Mon
avis :

Au
programme de ce recueil d’humour noir, dix petites nouvelles
dessinées qui vous feront sourire plus ou moins jaune. Mais n’est-ce
pas là le principe de l’humour noir ?
Sœur
Marie-Thérèse ne cherche finalement qu’un peu de tranquillité.
Mais il fait bon ne pas être celui qui la dérange, car ses
réactions sont souvent rapides et puissantes. Avec elle, tout le
monde en prend pour son grade: Les enfants, les parents, les homos,
les infirmes, la sainte trinité, les forces de l’ordre, le clergé,
les jeunes, les vieux, les prostituées et même Elvis.
Nul
n’échappe à la plume satirique de Maëster et c’est tant mieux.
Le
leitmotiv de l’histoire est bien sûr Sœur Marie-Thérèse dont on
ne sait jamais quelle surprise elle va nous préparer pour l’histoire
suivante. Même si la caractérisation du personnage fonctionne bien,
ces décisions restent parfois surprenantes.
Reconnaissons
que les obstacles qui peuvent l’arrêter ne sont pas légion… Mais
les résolutions et les chutes sont vraiment drôles et comme les
histoires sont assez courtes, six pages maximum, on n’a guère le
temps de se lasser.

L’entourage
récurrent de Sœur Marie-thérèse se limite à Jésus, son petit
mari évoqué plus haut et bien sûr, ses collègues de couvent. Ces
dernières en tiennent une sacrée couche. Si elles ne sont pas aussi
expéditives que Sœur Marie-Thérèse, elles n’en ont pas moins
parfois un petit grain petit bien planté ! Mais pour le peu qu’on
les voit, on les aime bien quand même. Notons aussi la présence du
père Honet (ou Honay selon l’histoire) qui tente désespérément de
sauver les âmes perdues afin de les ramener vers l’église.

Autour
de tous ces gens, l’humour règne même dans les petits détails de
la vie quotidienne. Prenez le temps de vous arrêter sur tout ce qui
se passe autour de l’action centrale de chaque histoire et vous aurez
de belles surprises comme les couvertures de livres, la croix de Sœur
Marie-Thérèse et tant d’autres gags discrètement disséminés ici
et là.
Graphiquement,
j’ai eu l’impression qu’au fil des histoires, le trait de Maëster se
fait de plus en plus précis.
Si
ces visages sont caricaturaux, ils se basent sur une accentuation de
la morphologie et sont néanmoins empreints de réalisme. Il faut
reconnaître que les têtes des bonne sœurs de Maëster tiennent
plus des vieux commandos à la retraite que des jolis minois candides
et innocents.
Pour
marquer l’exagération, Maëster n’hésite pas à dynamiter la
cohérence pour partir vers la caricature, pains explosifs à la Tex
Avery, visage déformé en monstre diabolique pour marquer
l’énervement, cœur qui manque de sortir des poitrines pour montrer
la frayeur. Et ce contraste entre ce trait assuré et ces
exagérations folles fonctionnent merveilleusement bien.
Les
décors, eux aussi réalistes, recèlent quelques bonnes surprises
pour l’œil qui s’attardera quelques instants sur les cases.
Pas
de couleur dans le monde de Marie-Therèse car tout est en noir et
blanc ! Mais vu l’ambiance, ce n’est pas plus mal.
Le
découpage repose majoritairement sur deux à trois bandes de deux à
trois cases. Dans certaines scènes de dialogues assis, Maëster
rompt ce système pour dédoubler ses cases, transformant une case en
deux plus petites posées l’une sur l’autre par exemple.
Il
joue aussi allègrement sur la taille de ses cases, ce qui entraîne
parfois que certaines bandes peuvent perdre le lecteur. Maëster, pas
si méchant que ça, place quelques petites flèches pour indiquer le
sens de lecture quand cela se complexifie trop.
Les
angles de vues offrent de belles perspectives, voir la contre plongée
sur Marie-Therèse qui va abattre son poing vengeur est un régal. On
peut même repérer quelques petits effets Fisheye. Maëster ne se
prive de rien pour varier sa mise en scène, et ce pour notre plus
grand plaisir.
Sœur
Marie-Thérèse est à l’encontre de l’héroïne classique. Elle est
même une véritable anti-héroïne des temps modernes. Fut-elle la
première ? Je ne m’avancerais pas jusque là. Mais son apparence peu
aguichante, ses nerfs à fleur de peau, son je-m’en-foutisme notoire
font d’elle la première ! Car on aurait tendance à oublier
rapidement un élément essentiel, si ces traits de caractères sont
encore plus choquants, c’est parce que Marie-Thérèse est une bonne
sœur !
Sa
descendante télévisée, Sœur Thérèse, a perdu la pêche et le
cynisme de sa vénérable ancêtre mais on ne lui en voudra pas,
chaîne privée grand public oblige – non, je n’ai pas cité TF1 –
! Il n’est pas étonnant que ce soit aux éditions Fluide glacial que
Sœur Marie-Thérèse ait trouvé un véritable espace d’expression,
car qui se ressemble…
Trois
autres tomes suivirent cette entrée fracassante de Marie-Thérèse
dans le monde de la BD. Mais avant de vous y plonger, je vous
recommande ce petit retour aux sources. Redécouvrez donc les débuts
de cette religieuse – vraiment – pas comme les autres à dévorer
sans retenue.
Quand Zéda croise le chemin de Marie-Thérèse…
"PAR TACHE", strip de Zéda pour la chronique 7BD sur Soeur Marie-Thérèse des Batignolles
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