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Le Cri Du Vampire - Bernet et Trillo

Titre : Le Cri Du Vampire
Auteurs : Bernet - Trillo
Éditeur : Albin Michel
Date : 2001

La force du vampire tient au fait qu’il est immortel. La faiblesse du vampire tient au fait qu’il est immortel. Et quand les Hommes ont bien du mal à rester fidèles à un amour qu’ils prétendent éternel, il n’est pas difficile d’imaginer la torture des vampires quand on leur parle d’éternité. Le Cri Du Vampire est le récit de cette torture. Elle s’appelle Ludmila, elle a 200 ans, il s’appelle Ivan, il en a 700. Depuis qu’il l’a quitté, elle n’a qu’une seule obsession, le retrouver, mais les retrouvailles n’auront rien d’idylliques pour ce vampire hanté par la peur d’un amour éternel, d’un destin inéluctablement lié à celui de sa dulcinée.
Oubliez les milliers de romans à l’eau de rose qui font intervenir des vampires dans un décor de sentimentalisme marketing et d’érotisme pour public pré-pubère aux hormones en effervescence, Le Cri du Vampire n’a rien à voir avec ces massacres du thème si porteur et pourtant si prometteur d’Art que celui du vampire. Dans cette BD, Trillo et Bernet mettent au service d’un chef-d’œuvre toute leur expérience et leur savoir-faire. Dans un noir et blanc vigoureux, quasi sanguin, Bernet donne vie à des personnages qui en sont dépourvus, il sait décrire toute l’horreur des sentiments d’être dépourvus de ressenti autre que la douleur fiévreuse et maladive et que la passion continue. A des visages invisibles aux miroirs, il sait donner les reflets les plus expressifs, ceux des peines les plus tranchantes. Dans un noir et blanc écorché vif, qui exacerbe les contrastes et les obscurs sentiments, c’est toute la vision que Trillo a du vampire qui transparaît. Dans des découpages audacieux et fouillis, presque transcription d’un désordre mental, dans des pages dont elles semblent être dessinées d’un trait comme pour retranscrire l’urgence de vivre de ces êtres aux vies qui durent pourtant éternellement, le duo infernal produit une œuvre grandiose et pressante, qui se lit cent fois sans se lasser, comme grisant le lecteur d’un soupçon d’éternité.

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