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Conférence de Presse du FIBD Angoulême 2014

Un mercredi matin à Paris, à la limite du treizième arrondissement, se dresse devant moi l'imposant bâtiment de l'Institut du Monde Arabe. Alors que je descends dans les entrailles de l'immeuble, je me demande quel peut être le lien entre cet endroit et le FIBD d'Angoulême 2014. Car c'est bien la raison qui m'amène ici, participer à - enfin, plutôt m'asseoir et écouter - la conférence de presse du prochain festival d'Angoulême. Gentiment calfeutré au premier rang, j'attends l'ouverture des hostilités. Et ça démarre avec une courte allocution de Jack Lang. C'est là que tout s'éclaire. Jack Lang, soutien du FIBD à sa création (et ça nous renvoie en 1982, mine de rien) est également le président de L'Institut du Monde Arabe, ou IMA. La boucle est bouclée. Ce qui permet d'évoquer un futur projet d'événement à l'IMA sur la BD et l'Orient. La BD en Orient et la vision de l'Orient dans la BD. Mais bon, cela nous éloigne du sujet. Notre ancien ministre de la culture nous rappelle discrètement qu'il a soutenu et aidé le festival BD Boum de Blois, dont il a été un temps le maire. Mais bon, revenons au sujet. S'ensuit une valse de reportage vidéo, présentation, invités sur le plateau qui viennent nous raconter ce qui nous attend fin janvier 2014. 

Le festival part dans une nouvelle décennie, (oui, c'est le quarante-et-unième) , et après un détour ludique, revient vers un regard plus sérieux sur le monde. Tout en n'oubliant pas d'être ludique ! Si vous le dites... Bref, cette année, il y en aura pour tous les goûts ! Un peu comme l'année dernière, mais différemment...


Willem est monté sur scène pour présenter le trailer de l'exposition « La BD est dans la rue ». Une expo ou un atelier itinérant ou... Je ne sais pas exactement, la voix off de présentation ayant jugé bon de se remplir la bouche de pierre avant de parler, et de baisser le son. Comme ça, il était sûr d'être inaudible et au mieux, incompris. Ok, donc, la BD sera dans la rue, et ça va bouger. Euh... bon. En tout cas, à côté de ça, ce qui est sûr, c'est qu'il y aura une exposition sur Willem, dessinateur de presse mais aussi auteur de soixante-dix BD! Soixante-dix ? En plus des dessins de presse ? Il produit à un rythme de Mangaka, notre Willem !

En parlant de Mangaka, l'Asie ne sera pas oubliée. Et c'est bibi, votre serviteur adoré, qui en est tout content. Au programme, dans le désordre et sans doute en oubliant beaucoup de monde. Suehiro Maruo, auteur d'un travail récurrent sur le sexe, la mort et le sang (baptisé Eroguro dans le dossier de presse de la conférence), participera à une rencontre internationale ! Notons aussi la présence de Li Kunwu, auteur de « Les Pieds Bandés », qui viendra nous parler de la BD en Chine. Une exposition va nous montrer comment Bong Joon-Ho est passé de la BD le Transperceneige au film Snowpiercer (et si vous ne l'avez pas vu, je me permets de vous dire de foncer le voir, le film !). Une autre exposition, Coréenne celle-ci, «  Fleurs qui ne se fanent pas », montrera les horreurs qu'ont vécues ces « femmes de réconfort », ces filles enlevées et employées de force par l'armée japonaise pendant la seconde guerre. Des auteurs coréens et Taïwanais seront aussi présents pour parler BD. La projection d'un film d'animation « Une histoire pas encore finie », en avant-première ! Et l'espace dédiée Little Asia sera encore présent en 2014. 

La Corée rend hommage aux femmes ; une autre exposition « En chemin, elle rencontre... » montre la mobilisation de la BD pour dénoncer les violences subies par les femmes. Cette exposition est fondée sur le travail de longue haleine de la maison d'éditions « Des ronds dans l'O ». En effet, pour dénoncer cette violence sous toutes ses formes, la maison a publié des recueils collectifs intitulés « En chemin, elle rencontre... » et qui donnent, à juste titre, son nom à l'exposition. Et pour rappeler que ces violences tombent sous le coup de la loi et ne méritent que sanction, et même dures sanctions, l'exposition se déroulera au Tribunal de Grande Instance d'Angoulême. A voir pour réfléchir, soutenir et ne pas se dire que cela date d'un autre temps... 

Mais il n'y aura pas que l'Asie à l'honneur cette année à Angoulême. Une autre femme va monopoliser l'attention. En effet, saviez-vous que la petite Mafalda a cinquante ans, et que Quino, son auteur, fête ses soixante ans... de carrière ? Le ministre auprès de l'ambassade d'Argentine vient nous parler de Quino, engagé politiquement, au point de fuir l'Argentine quand les troubles politiques s'installent, pour continuer son travail à l'étranger. Et Quino sera présent à Angoulême pour fêter ce double anniversaire. 

Jean-Pierre Vernet, historien, est monté sur l'estrade et nous a parlé de l'exposition « Tardi et la Grande guerre ». Le but est de commémorer le centenaire de la grande Guerre, sera mis en avant tout le travail de Tardi sur cette période. Et Dieu sait s'il a creusé sa tranchée, Tardi. Depuis des années ! Ce sujet le hante et hante son œuvre. L'exposition mettra en avant les dessins de Tardi, mais aussi l'autre pan créateur de cet homme, qui peint, sculpte et écrit !

A côté de ces expositions, de nombreuses rencontres, conférences, ateliers, et une place, comme chaque année, faite aux jeunes talents avec le pavillon jeunes talents. 

Les chaînes de télévision seront aussi présentes au festival. Notons d'abord la présence d'Arte dans son partenariat avec le Professeur Cyclope. L'un et l'autre seront bien là sur un stand, pour parler, de manière formelle dans des rencontres et aussi de manière informelle sur le stand, des enjeux de la BD numérique. Mais La chaîne franco-allemande ne s'arrête pas là, puisque c'est en partenariat avec elle que seront diffusées en exclusivité deux documentaires, « La Potion Astérix » et « Super-Héros ». 

France Télévision ne voulait pas être en reste, (enfin, là, c'est moi qui suppose), et Frédéric Taddéi est venu lui-même nous faire une curieuse annonce. « Ce soir ou Jamais » le six décembre sur France deux lancera un débat lié à la BD, puis la parole sera donnée au public (comment, le voile n'a pas été levé là-dessus) et finalement le débat continuera à Angoulême. Mais pourquoi toute cette machine ? Quelle question va-t-elle nous interpeller du six décembre au deux février ? Frédéric Taddéi lance le pavé dans la mare de Moulinsart : Y aurait-il un nouvel album de Tintin en... 2053 ou 2054 ? En fait, à la chute dans les droits publics de Tintin. Sérieusement, Un débat sur le monde de la BD en 2054. Dans Quarante ans ? Est-ce que ça intéresse quelqu'un ? Pas moi, en tout cas. Et puis, quand les personnages de Jacobs, Greg, Peyo, Roba, Morris, entre autres, ont continué leur vie après les décès de leurs créateurs, ça n'a pas dérangé beaucoup de monde. Pourquoi tout d'un coup, ce réveil autour d'un problème équivalent appelé à venir dans quarante ans ? Pourquoi ne pas se pencher sur des questions d'aujourd'hui. Ou au moins sur ce problème, de manière plus général, relancé avec la passation d'Astérix : « Nos héros de BD, voire même de fiction, doivent-ils vivre après la mort de leurs créateurs ? » Vaste question, qui mérite plus que ces quelque lignes dans cet article. Enfin, laissons les intellectuels réfléchir à la conjecture du monde de 2054 et revenons en 2013, à l'institut du monde arabe, pour la conférence de presse d'Angoulême.

Je rajouterai, pour passer du coq à l'âne, que le festival d'Angoulême ne serait pas lui-même sans ses concerts dessinés. Barbara Carlotti se produira sur scène tandis que Christophe Blain illustrera les mots et les musiques de Barbara et son groupe. Attention, ce concert illustré ne sera pas sur le thème de l'album musical que le deux compères ont réalisé ensemble, « La Fille », mais sur d'autres chansons et mélopées. A côté de cela, les concerts de dessins signés Areski Belkacem seront toujours présents au théâtre d'Angoulême.

Et qui dit Angoulême dit sélections. Oui, sélections avec un « S » : sélection officielle, sélection Cultura (prix public), sélection polar, sélection patrimoine, sélection jeunesse. Sans oublier la petite flopée de prix , Prix BD scolaire, Prix jeunesse, Prix jeunes talents, Prix Révélation blog, Prix des écoles d'Angoulême, Prix des collégiens de Poitou-Charentes, Prix des Lycéens de Poitou-Charentes. Bon, la liste de toutes les BD en compétition peut vous intéresser, alors je vais faire simple : 
Toutes les BD en lice listées en image sur le site du FIBD ! Voilà...

Mais tout ceci n'est qu'un infime (bon, j'exagère peut-être un peu là) aperçu de ce qui vous attend du trente janvier au deux février à Angoulême.

Petite info pour conclure : Kiss Kiss Bank Bank sera partenaire cette année du FIBD. Où j'ai appris que Kiss Kiss Bank Bank brasse dix millions d'euro pour tous les projets déposés, toutes disciplines confondues, et seulement cinquante mille sur des projets BD. Ce qui fait peu, surtout quand on sait que sur Kickstarter, il y a vingt-cinq millions de dollars investis par la communauté sur des projets de BD. Mais combien au total sur l'ensemble des projets? Alors, la BD crowdfundée, une piste à élargir ?

En bref, ce qu'il y a à retenir de ce qui nous attend au quarante-et-unième FIBD, à mon avis, se résume en une phrase. Même si vous dormez sur place et si vous êtes là quatre jours pleins, vous n'aurez pas le temps de tout faire ; alors préparez bien votre séjour à Angoulême, et une fois sur place, foncez ! Et gardez une place pour les imprévus, les surprises, les rencontres de hasard. Car, à mes yeux, c'est ce qu'il y a de plus magique dans un festival...

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1 Commentaires

Unknown a dit…
S'il vous plaît jeter un oeil ici aussi si on a le temps.
http://youtu.be/iAb6DeNkGzE

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