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vendredi 1 juin 2018

Les chroniques de Groom Lake, la chronique complotiste


couverture de "Les chroniques de Groom Lake" de Ryall et Templesmith chez Delcourt
Titre : Les Chroniques de Groom Lake
Auteurs : Chris Ryall (scénario), Ben Templesmith (dessins),
Éditeur : Delcourt
Collection : Comics
Année : 2018
Pages : 128


Résumé :
Sur une route du New Hampshire, aux États-Unis, il y a deux ans. Un homme roule de nuit en compagnie de son chien Carpette quand il voit les lumières d'un petit avion descendre rapidement, peut-être un peu trop rapidement dans la forêt. Il s'arrête pour aller donner un coup de main et tombe sur quatre hommes, enfin, plutôt quatre aliens qui lui expliquent qu'il ne lui sera fait aucun mal, et qui le lui répète trop pour que ce soit honnête, et l'entraînent avec eux. Du coup, l'homme et son chien les suivent sans savoir ce qui les attend. Et s'ils avaient su...

Mon avis :
Démarrage classique pour une histoire d'enlèvement alien. Mais c'est compter sans l'humour noir de Chris Ryall qui détourne vite le schéma classique des aliens de Roswell et du complot gouvernemental à la X-Files en une courte série trash et débordante d'humour, de satire qui fait osciller cette série entre justement X-Files et Men in Black, en plus saignant.
L'histoire délirante, parfois un peu prévisible part à point nommé dans un délire total. Et pour ne pas faire comme tout le monde, les auteurs évitent le sad end où la terre explose et aussi le happy end où tout rentre dans l'ordre pour le héros de cette mini-série regroupée en un tome.
Si le petit gris à la double cigarette n'a rien à envier au déluré Paul de Pegg et Frost, il garde, entre deux pointes d'humour, ce petit quelque chose d'angoissant du gars qui pourrait décider entre deux bouffées de vous passer sur la table d'opération, ou de charcutage, comme vous préférez.

page de "Les chroniques de Groom Lake" de Ryall et Templesmith chez Delcourt
C'était une nuit sombre et orageuse... Orageuse, pas sûr...


Le graphisme de Ben Templesmith apporte à cette histoire la noirceur nécessaire et aussi une petite bouffée d'horreur lovecraftienne au détour d'une case. Quand vous découvrirez les résultats des expériences alien, vous comprendrez le message.
Son trait non pas réaliste mais sérieux, son traitement sobre des couleurs, ses décors anxiogènes, même dans le vaste désert, servent au mieux ce récit décalé.
La composition laisse de la place pour des gaufriers classiques trois cases par trois mais également pour des pages toutes en bandes, permettant de créer la notion d'espace et de rompre avec la monotonie de lecture. Enfin, pour cela, il faudrait qu'il y ait monotonie, mais le rythme est suffisamment rapide et les événements s'enchaînent sans trop traîner, évitant à la base toute lenteur.
Le fait de condenser cette série en quatre chapitres, reprenant les quatre volumes est une bonne idée, et on se dit que plus, cela aurait été trop. Même si la porte reste ouverte pour une suite, j'ai apprécié le fait que cette histoire ramassée tienne en cent vingt-huit pages et je ne sais pas si j'aurais autant de plaisir à lire une éventuelle suite.

Les chroniques de Groom Lake, un petit ovni mêlant SF et fantastique jouant avec les codes du genre pour redonner de nouvelles lettres de noblesse à la comédie trash décalée. Pour le coup, l'affaire n'est pas à suivre, puisque conclue en un tome, mais les auteurs, eux, le sont, à suivre !

Zéda rencontre Archibald, le petit gris en costume noir !

"GROOM SMOKE" strip de Zéda pour illustrer chronique 7BD sur "Les chroniques de Groom Lake" de Ryall et Templesmith chez Delcourt


David


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